En déplacement à Mayotte, Édouard Philippe a répondu samedi 22 août aux critiques de Jean-Luc Mélenchon sur ses propositions visant à durcir la politique migratoire dans le 101e département français. Le candidat Horizons à l'élection présidentielle a invité son rival à venir constater sur place les conséquences de la crise migratoire sur la vie quotidienne des habitants. Jean-Luc Mélenchon avait qualifié ses mesures d'« aberrantes », « ridicules » et « provocatrices ».
Une invitation à constater les faits
« J'aimerais qu'il vienne ici et qu'il constate que la crise migratoire, ici, elle est prégnante et qu'elle a des impacts, pas simplement dans des grandes questions de principes, mais dans la vie quotidienne de l'ensemble de nos concitoyens français qui vivent à Mayotte », a déclaré Édouard Philippe, citant la « distribution de l'eau », « l'organisation de la scolarité » et « l'accès aux soins » comme domaines affectés.
« Je ne suis pas très surpris que M. Mélenchon ne soit pas d'accord avec moi. Il m'arrive d'être souvent très en désaccord avec lui », a ajouté l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron, en référence à son rival, candidat de La France insoumise à la présidentielle.
Des propositions jugées « aberrantes » par Mélenchon
La veille, Jean-Luc Mélenchon avait dénoncé les propositions d'Édouard Philippe pour mettre fin à l'« appel d'air » de l'immigration à Mayotte. Le maire du Havre a notamment proposé de suspendre les demandes d'asile, le droit du sol et le regroupement familial, ainsi que la création d'un centre de retour en Afrique de l'Est, dans le but de « fermer les vannes de l'immigration » dans ce territoire où Marine Le Pen a obtenu 59 % des suffrages au second tour de l'élection présidentielle de 2022.
« C'est aberrant, ridicule et provocateur », a réagi Jean-Luc Mélenchon au micro de BFMTV, en marge des universités d'été de son mouvement. « Il ne faut pas dire des choses qui ne peuvent pas se faire et dont on ne sait pas comment on les ferait. S'il s'agit de rejeter à la mer les gens, ça n'a pas de sens. Il le sait comme nous », a poursuivi l'ancien sénateur socialiste.
Un contexte migratoire tendu
La question migratoire est au centre des préoccupations de ce territoire de 323 000 habitants, dont près d'un sur deux est étranger, selon l'Insee. Les propositions d'Édouard Philippe interviennent dans un contexte tendu face à l'immigration comorienne et à l'arrivée croissante de demandeurs d'asile provenant de la région des Grands Lacs (République démocratique du Congo, Burundi, Rwanda).
Cette passe d'armes constitue l'un des premiers échanges vifs de la campagne présidentielle, illustrant les divergences profondes entre les deux candidats sur la politique migratoire à adopter pour Mayotte.



