Contrôles aux frontières: l'Espagne riposte à l'Italie
Contrôles aux frontières: l'Espagne riposte à l'Italie

L'Espagne a contrôlé près de 200 passagers venus d'Italie samedi 8 août dans six aéroports, marquant la réinstauration des contrôles frontaliers entre les deux pays. Cette décision de Madrid réplique aux restrictions imposées par Rome sur fond de différend diplomatique concernant l'immigration clandestine.

Le ministère espagnol de l'Intérieur a indiqué samedi soir avoir procédé à des contrôles sur un total de 199 personnes à bord de 12 vols en provenance d'Italie dans les aéroports de Madrid, Barcelone, Séville, Bilbao, Alicante et Valence. Cette première journée de contrôles ciblés s'inscrit dans le cadre de la réinstauration des contrôles aux frontières, annoncée vendredi par le gouvernement espagnol.

Une mesure de rétorsion après les restrictions italiennes

Le gouvernement espagnol avait annoncé vendredi l'instauration de contrôles frontaliers pour les passagers de navires ou d'avions en provenance d'Italie, rapporte El País. Cette mesure choc répond aux restrictions similaires imposées par Rome à l'encontre de Madrid à la suite de la crise migratoire de Ceuta fin juillet.

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L'Italie a suspendu l'accord de Schengen de l'Union européenne, qui prévoit la libre circulation des personnes, avec l'Espagne depuis le 1er août et a déclaré qu'elle maintiendrait les contrôles aux frontières au moins jusqu'au 15 août. Rome a précisé que cette mesure n'affecterait ni les citoyens espagnols ni les autres citoyens de l'UE se rendant en Italie, mais qu'elle consisterait en des contrôles ciblés des ressortissants de pays tiers arrivant d'Espagne par voie aérienne ou maritime.

L'Italie justifie sa décision par des raisons de sécurité

"Nous espérons pouvoir lever cette suspension prochainement, dès qu'il n'y aura plus de risque", a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani, dans une interview au Corriere della Sera. Cette déclaration intervient alors que l'Italie souhaite exclure l'Espagne de l'espace Schengen, qui permet de voyager sans passeport dans 29 pays européens, bien que les États membres puissent réintroduire temporairement des contrôles aux frontières pour des raisons de sécurité ou d'ordre public.

La crise migratoire de Ceuta, enclave espagnole au Maroc, a conduit à l'arrivée de milliers de migrants à la fin du mois de juillet, provoquant des tensions diplomatiques entre Madrid et Rabat, mais aussi entre Madrid et Rome. L'Italie, qui fait face à ses propres défis migratoires, a justifié sa décision par la nécessité de renforcer la sécurité aux frontières extérieures de l'UE.

Les conséquences pour les voyageurs

Les contrôles espagnols concernent les passagers de vols et de navires en provenance d'Italie, mais ne s'appliquent pas aux citoyens espagnols ni aux autres citoyens de l'UE, selon les autorités espagnoles. Les ressortissants de pays tiers arrivant d'Italie seront soumis à des vérifications supplémentaires.

Cette situation pourrait avoir un impact sur le tourisme et les échanges économiques entre les deux pays, alors que l'été bat son plein. Les compagnies aériennes et les voyageurs devront s'adapter à ces nouvelles procédures, qui pourraient être prolongées au-delà du 15 août si la crise persiste.

L'Union européenne suit de près cette escalade, qui met à l'épreuve la solidarité entre États membres sur la question migratoire. Des discussions sont prévues entre les pays de l'UE pour tenter de trouver une solution commune à la crise de Ceuta et éviter que d'autres pays ne prennent des mesures unilatérales.

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