Marine Tondelier somme le Parti socialiste de trancher sur la primaire de 2027
Alors que l'organisation d'une primaire pour désigner un candidat unitaire de la gauche non-mélenchoniste à la présidentielle de 2027 apparaît sérieusement fragilisée, la cheffe des Écologistes Marine Tondelier a pressé samedi le Parti socialiste de clarifier sa position. « La balle est dans le camp des socialistes », a-t-elle affirmé avec insistance, mettant en garde contre les conséquences délétères des divisions internes.
Des tensions internes qui paralysent le processus
L'ambiance au sein du Parti socialiste s'est notablement tendue cette semaine, suite aux élections municipales qui ont révélé des dissensions profondes sur la pertinence d'alliances locales avec La France insoumise. Dans ce contexte, le premier secrétaire Olivier Faure, qui défend l'organisation d'une primaire le 11 octobre, se trouve mis en minorité par une partie des cadres socialistes. Ces derniers estiment que ce processus, en l'absence de personnalités comme Raphaël Glucksmann, ne permettra pas d'envisager sérieusement une victoire en 2027.
« On ne pourra pas gagner seul, ni nous, ni eux. Et j'aimerais bien qu'ils l'entendent parce que je vois bien leurs règlements de comptes, là, en ce moment », a déploré Marine Tondelier sur les ondes de France Inter. Elle a révélé avoir eu un échange téléphonique avec Olivier Faure vendredi soir, soulignant l'urgence de la situation.
Un avertissement sévère contre les divisions
« On a pris cette décision d'intérêt général de porter la primaire avec d'autres. Maintenant, la balle, elle est dans le camp des socialistes », a-t-elle martelé. À l'égard des détracteurs de la primaire, elle a ajouté : « on n'a d'ailleurs pas bien compris le début du commencement d'une solution pour gagner derrière », prédisant un « spectacle affligeant » si les divisions persistent.
Marine Tondelier s'est montrée particulièrement critique envers les manœuvres internes au PS. « Parce que s'ils arrivent à faire leur 'pu-putsch' contre Olivier Faure, après il se passe quoi ? Ils se battent ensemble trois mois pour savoir qui prend la place. Ils mettent qui comme candidat ? C'est Raphaël Glucksmann. Tous ceux qui soutiennent Raphaël Glucksmann au PS sont en fait candidats eux-mêmes », a-t-elle grincé, faisant une allusion transparente à François Hollande.
Un manifeste pour défendre la primaire et des inquiétudes profondes
Fustigeant les « déclarations péremptoires » du chef des députés PS Boris Vallaud ou de Raphaël Glucksmann qui s'arrogeraient, selon elle, « le monopole des valeurs », Marine Tondelier a annoncé qu'elle publierait « vendredi prochain un manifeste qui s'appelle 'Ce que nous vous devons' », présenté comme un manuel de défense de la primaire.
Elle s'est par ailleurs déclarée « très inquiète » des passes d'armes à gauche entre socialistes et insoumis. « Quand on mine un champ de bataille, y compris si un jour la guerre se termine, les mines, elles, restent. Et donc ce qui est en train de se passer, ce processus en cours, il a un côté irréversible », a-t-elle fait valoir avec gravité. Elle a regretté que « certains chefs aient décidé d'être irréconciliables » alors que « les électeurs, eux, ne le sont pas », soulignant le fossé grandissant entre les appareils politiques et la base électorale.



