La stratégie du paillasson du PS mise en échec lors des municipales
Stratégie du paillasson du PS en échec aux municipales

Le revers de la stratégie d'alliance du Parti Socialiste

Il aura fallu toute l'opiniâtreté d'Olivier Faure à servir de paillasson pour donner raison à Jean-Luc Mélenchon, qui annonçait le 4 mars dernier que « ces gros combinards n'allaient pas lui coûter trop cher à acheter pour le deuxième tour ». Ce qui fut effectivement le cas, du moins pour le premier secrétaire du PS et quelques figures du parti renouant avec des alliances contestées contre un plat de lentilles électoral.

Les renoncements coûteux

Un renoncement gagnant pour Johanna Rolland à Nantes, qui après avoir affirmé en décembre 2025 qu'« il n'y aurait pas d'alliance avec La France insoumise », a prouvé une fois de plus que sa veste était bien réversible. Un succès que l'on peut rapprocher de celui de l'écologiste Grégory Doucet à Lyon, dont l'alliance avec LFI a éliminé de justesse Jean-Michel Aulas, surpris par son amateurisme.

Pour le reste, ces élections municipales plaident pour une remise en cause profonde de la « stratégie du paillasson » incarnée par Olivier Faure. À commencer par l'échec retentissant de François Briançon à Toulouse, qui fustigeait « la pureté des convictions de ceux qui refusaient tout rapprochement » pour justifier une alliance avec l'Insoumis François Piquemal. Cette présence mortifère n'aura pas permis de remporter la mairie face à Jean-Luc Moudenc.

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Une série de défaites significatives

Même constat amer à Limoges, où Damien Maudet a perdu après avoir subi une « alliance technique » tout aussi perdante que la fusion des « gauches irréconciliables » à Clermont-Ferrand. Le scénario s'est répété dans de nombreuses villes :

  • Brest
  • Avignon
  • Poitiers
  • Besançon
  • Tulle

Mais toutes ces défaites ne suffiraient pas à sonner le glas de la stratégie du paillasson s'il n'y avait pas eu les éclatantes victoires de ceux qui, malgré les intimidations et les menaces, ont choisi la clarté et le courage politique.

Les victoires de la clarté

Benoît Payan d'abord, qui a courageusement refusé de se coucher face aux assauts de l'indigent Delogu, puis à ses injonctions à la « fusion technique ». Même logique de refus à Lille et Paris, où les socialistes conservent leurs bastions en refusant toute compromission avec LFI, dont les candidats se sont maintenus au risque de faire perdre la gauche.

Comment ne pas parler également de Strasbourg et de la victoire significative de Catherine Trautmann, qui aura eu droit à une exclusion par tweet d'Olivier Faure pour avoir considéré, à juste titre, qu'elle partageait plus de valeurs avec un candidat centriste qu'avec le représentant local d'un parti jugé communautariste, antisémite et violent.

Les dissidences courageuses

Parmi ceux qui ont choisi la clarté, il faut également citer Marc Sztulman, quittant la liste PS après la trahison de Briançon à Toulouse, ou Bassem Asseh, premier adjoint de Johanna Rolland, se désolidarisant d'une alliance consentie par une maire prête à tout pour se maintenir au pouvoir.

C'est peut-être de ce courage politique que renaîtra l'espoir de rassembler les responsables politiques de gauche qui ont intégré qu'on ne pouvait combattre l'extrême droite en s'alliant avec un parti antisémite, organisé en meute et dirigé par un clan. Ce qui constituerait une bonne nouvelle pour les électeurs de gauche qui, comme Catherine Trautmann, considèrent qu'il y a plus à partager avec des centristes qu'avec l'extrême gauche.

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