Les alliances sulfureuses de Sarah Knafo au Parlement européen
L'eurodéputée d'extrême droite Sarah Knafo, figure de Reconquête ! et compagne d'Éric Zemmour, a choisi de siéger au sein du groupe le plus radical du Parlement européen : l'Europe des Nations souveraines (ENS). Ce groupe de 28 membres rassemble des partis et élus considérés comme les plus extrémistes du Vieux Continent, bien au-delà des autres formations de droite radicale présentes dans l'hémicycle.
Un environnement politique extrême
Contrairement aux autres eurodéputés Reconquête ! élus en juin 2024, Sarah Knafo est la seule à avoir rejoint ce groupe sulfureux. Elle aurait pu rester parmi les non-inscrits, mais a préféré s'allier avec des formations ouvertement pronazies, antisémites, anti-Roms et soutenant Moscou. L'ENS est perçu comme encore plus radical et moins fréquentable que les Patriotes pour l'Europe (qui accueille le Rassemblement national et le Fidesz de Viktor Orbán) ou que les Conservateurs et Réformistes européens (où siègent Marion Maréchal et les élus de Fratelli d'Italia).
Parmi ses alliés directs figurent l'AfD allemande, régulièrement épinglée pour ses multiples références nazies, une formation hongroise aux positions antisémites et anti-Roms affirmées, ainsi qu'un ancien général italien connu pour ses propos racistes et homophobes. Sarah Knafo occupe même le poste de vice-présidente au sein de ce groupe controversé.
Un positionnement politique en contradiction avec ses déclarations
Cette alliance contraste fortement avec les déclarations publiques de Sarah Knafo. Le 8 février, sur le plateau de BFMTV, la candidate à la mairie de Paris s'était offusquée qu'on la qualifie d'extrême droite, affirmant : « Quand on dit que je suis d'extrême droite [...], vous ne croyez pas que ça me blesse ? » et déclarant « prendre comme une insulte » le fait qu'on ose la placer à la droite de la droite.
Pourtant, son choix politique au Parlement européen la place au cœur des courants les plus radicaux de l'extrême droite européenne. Alors qu'elle se présentait comme une candidate déconnectée des réalités politiques en se trompant lourdement sur le prix du pass Navigo annuel (qu'elle estimait à 52 euros au lieu de 998,80 euros), son positionnement européen démontre une stratégie d'alliance assumée avec les éléments les plus controversés du paysage politique continental.
Cette situation interroge sur la cohérence du discours public de la militante de Reconquête !, très impliquée dans le parti, et sur la stratégie d'influence qu'elle entend développer au niveau européen. Le choix de l'Europe des Nations souveraines comme groupe d'appartenance marque un positionnement clair dans l'échiquier politique européen, bien plus à droite que celui de ses homologues français du Rassemblement national.



