Saint-Jean-de-Luz : le RN refuse l'investiture à Jean-Michel Lanta pour les municipales
RN refuse l'investiture à Jean-Michel Lanta à Saint-Jean-de-Luz

Le rêve municipal de Jean-Michel Lanta s'effondre face au refus du RN

La sentence est tombée il y a quelques jours, par un courriel laconique. C'est non. Il n'y aura pas de liste soutenue par le Rassemblement national à Saint-Jean-de-Luz lors des élections municipales de mars prochain. Jean-Michel Lanta, le Luzien de 68 ans qui ambitionnait de conduire cette liste, admet une profonde déception après la décision de la commission nationale d'investiture (CNI) du parti d'extrême droite.

Une déception palpable pour le candidat recalé

« Je suis forcément déçu, parce qu'on avait bien bossé », confie Jean-Michel Lanta, ancien chirurgien-dentiste à la retraite et membre encarté du RN. « J'avais avec moi une équipe de passionnés de Saint-Jean, des vieux Luziens qui connaissent très bien la ville et qui étaient enthousiastes à l'idée de lui redonner son lustre d'antan et la place qu'elle mérite ».

Cet homme, né à Saint-Jean-de-Luz, parti un temps de la commune avant d'y revenir définitivement dans les années 1990 dans le quartier Sainte-Barbe, s'était lancé dans l'aventure à la sortie de l'été dernier. Son objectif : réunir 33 noms autour d'un projet municipal estampillé RN.

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Un processus qui semblait pourtant bien engagé

Les choses semblaient plutôt bien avancées selon le candidat : « Il y a d'abord eu cet automne l'avis favorable du délégué départemental, puis début décembre une visio d'une dizaine de minutes avec la commission nationale d'investiture ». Mais l'instance a finalement choisi de ne pas appuyer la démarche dans la cité corsaire, sans donner plus d'explications à l'intéressé.

Jean-Michel Lanta tente une interprétation : « Je pense que c'est une question de stratégie. Le RN ne peut pas avoir de listes partout. Et ici, c'est une terre de mission ». En effet, jamais la ville n'a connu de candidature du genre dans son histoire électorale.

Des résultats électoraux pourtant prometteurs

Pourtant, les résultats du candidat RN Victor Lastécouères lors des législatives de 2024 laissaient entrevoir un potentiel de voix non négligeable : 25,13% et 2 060 suffrages au premier tour, puis 28,03% et 2 328 au second tour. Des chiffres qui auraient pu laisser espérer une percée municipale.

Le délégué départemental des Pyrénées-Atlantiques, François Verrière, commente sobrement la décision : « La CNI est très rigoureuse. Il y a des groupes de travail dans différentes communes. Elle a estimé que le résultat du travail de celui de Saint-Jean-de-Luz n'était pas concluant. Elle a préféré ne pas présenter de liste ». Le cadre départemental précise qu'il ne fait pas partie de l'instance et ne peut ou ne veut pas en dire davantage.

Un programme municipal déjà bien ficelé

Malgré ce revers, Jean-Michel Lanta continue de défendre le travail accompli : « On avait un beau programme, qu'on avait quasiment terminé et qui n'avait rien d'extrême droite ». Le collectif proposait notamment :

  • Investir dans le camping municipal pour trouver de nouvelles ressources
  • Faire passer le taux de subventions des travaux menés par la ville de 17 à 25%, voire 30%
  • Réaliser un parking aérien derrière la gare, sur le modèle de Dax, avec un coût très bas permettant la gratuité
  • Tripler le nombre de caméras de vidéosurveillance dans la ville
  • Étoffer la programmation de la salle Tanka et transformer l'auditorium en cabaret

Le candidat recalé insiste sur l'urgence de la situation : « Il faut que les gens comprennent que si Saint-Jean-de-Luz tombe, c'est leur capital immobilier qui va tomber avec ».

Une présence malgré tout aux municipales ?

Si l'avancement de la liste posait peut-être problème au regard du timing - « Il nous manquait du monde, mais on allait y arriver » selon Jean-Michel Lanta - ses anciens compagnons de route ne désespèrent pas d'être présents sur la ligne de départ en mars prochain. Une présence qui se ferait cependant sans le sceau RN, et sans Jean-Michel Lanta à sa tête.

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Cette décision de la commission nationale d'investiture du Rassemblement national illustre la stratégie sélective du parti à l'approche des élections municipales, privilégiant les circonscriptions où ses chances de percée sont jugées les plus solides, au détriment des « terres de mission » comme Saint-Jean-de-Luz.