Le Rassemblement national tente de se distancer d'une manifestation hommage à un militant d'extrême droite radicale
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a officiellement interdit à ses élus de participer à la manifestation organisée en hommage à Quentin Deranque, militant de l'extrême droite radicale, prévue samedi à Lyon. Cet événement est orchestré par deux jeunes femmes proches de la mouvance néofasciste lyonnaise, ce qui a conduit le RN à prendre ses distances.
Une justification qui cache des liens troubles
« Le Rassemblement national ne participe pas à des manifestations avec lesquelles nous n'avons pas de liens directs avec les organisateurs », a déclaré Jordan Bardella vendredi 20 février 2026, pour expliquer sa décision. Cependant, cette position semble contredite par les révélations de Mediapart dans la soirée du même jour.
Le site d'investigation a exposé que « Vincent », un ami proche de Quentin Deranque très médiatisé récemment et qui appelle à la marche dans une vidéo en ligne, est en réalité l'attaché parlementaire de la députée RN de la Drôme, Lisette Pollet. Selon la parlementaire, cet homme a été membre du groupuscule néofasciste Lyon populaire jusqu'en 2024.
Un événement qui attire l'extrême droite européenne
La manifestation, prévue à Lyon, suscite une mobilisation importante. Plusieurs milliers de militants de l'extrême droite radicale, venant de France et d'autres pays européens, sont attendus pour défiler en mémoire de Quentin Deranque. Cet événement souligne les tensions internes au sein de la droite radicale et les difficultés du RN à gérer ses proximités avec des factions plus extrémistes.
Cette affaire intervient peu après une autre manifestation, organisée par la section locale de l'Action française, mouvement royaliste et nationaliste, à Lille le 18 février 2026, en hommage au même individu. Ces rassemblements successifs mettent en lumière la vivacité des réseaux d'extrême droite en France et leurs stratégies de mobilisation.
Les implications politiques pour le RN
La révélation du rôle d'un collaborateur parlementaire du RN dans l'organisation de la marche pose des questions embarrassantes pour Jordan Bardella et son parti. Elle remet en cause la crédibilité de leur discours de distanciation et pourrait alimenter les critiques sur les liens entre le RN et des éléments plus radicaux de l'extrême droite.
Cette situation illustre les défis auxquels fait face le RN dans sa tentative de normalisation politique, tout en devant composer avec une base militante et des sympathisants parfois proches de mouvances plus extrêmes. La gestion de cette crise communicationnelle sera cruciale pour l'image du parti à l'approche d'éventuelles échéances électorales.



