Bruno Retailleau exige une rupture totale avec le macronisme
Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a lancé un appel ferme mercredi pour une rupture radicale avec le bilan du président Emmanuel Macron, tout en rejetant catégoriquement l'idée d'une primaire élargie à la droite et au centre. Dans un entretien accordé au Figaro, il a martelé que le macronisme a échoué et qu'aucun candidat de cette mouvance ne pourra remporter la présidentielle.
Un bilan désastreux selon Retailleau
Bruno Retailleau a fustigé ce qu'il qualifie de bilan désastreux du macronisme, pointant du doigt plusieurs aspects critiques :
- L'endettement pharaonique de la France, qu'il juge insoutenable.
- Un manque de fermeté sur les questions migratoires et sécuritaires, domaines où il estime que le gouvernement actuel a failli.
- L'échec du macronisme à s'implanter durablement dans le pays, comme l'ont montré selon lui les dernières élections municipales.
Il a affirmé avec conviction : « Je suis convaincu que les Français ne se laisseront plus berner par le 'en même temps'. C'est la leçon des élections municipales : le macronisme a échoué à s'implanter en France. » Cette déclaration intervient alors qu'il s'est déjà lancé dans la campagne pour l'élection présidentielle de 2027, marquant ainsi son ambition personnelle.
Rompre avec les vieilles habitudes
Pour Bruno Retailleau, la France est à la fin d'un cycle politique. Il estime que les citoyens souhaitent rompre avec les vieilles habitudes et que les réponses apportées ne doivent pas se contenter de rustines ou de rafistolages. Tenant d'une ligne dure au sein des Républicains, il a insisté sur la nécessité de ne pas affadir les idées du parti dans ce qu'il appelle « une soupière d'eau tiède ».
Il a ajouté : « Nous sommes au bout d'un cycle. Les Français veulent rompre avec les vieilles habitudes et nos réponses ne peuvent pas passer par des rustines et du rafistolage. Il ne faut pas affadir nos idées dans une soupière d'eau tiède. » Cette position reflète sa volonté de maintenir une identité politique claire et distincte, loin des compromis qu'il juge inefficaces.
Le rejet d'une primaire élargie
Alors que les adhérents des Républicains doivent décider en avril du mode de désignation de leur candidat pour la présidentielle, Bruno Retailleau a vivement critiqué l'idée d'une primaire élargie à la droite et au centre. Il la qualifie d'« usine à gaz », estimant qu'elle serait impraticable et contre-productive.
Pour illustrer son propos, il a posé des questions rhétoriques : « Qui imagine Xavier Bertrand soutenir Éric Zemmour ? Ou qui me voit faire campagne pour Gabriel Attal ? Soyons sérieux. » Ces interrogations visent à souligner les divergences profondes au sein de la droite et du centre, rendant selon lui une telle alliance impossible.
Il a également averti que l'absence des Républicains à la présidentielle serait une attitude défaitiste qui pourrait entraîner la mort du parti. Dans une pique à peine voilée, probablement adressée à Laurent Wauquiez – chef des députés LR et partisan d'une large primaire –, il a déclaré : « Ceux qui parient sur l'échec des Républicains pour faire oublier leur propre défaite personnelle ne sont pas à la hauteur du moment. » Cette remarque souligne les tensions internes au sein du parti, alors que les débats sur la stratégie à advenir s'intensifient.



