Rachida Dati confrontée à WikiDati : la bataille judiciaire en ligne s'intensifie
Le camp de Rachida Dati, candidate Les Républicains (LR) à la mairie de Paris, a lancé une offensive pour faire disparaître un site internet controversé. Le directeur de campagne de l'ancienne ministre de la Culture a formellement saisi l'hébergeur OVH afin d'obtenir la dépublication de WikiDati.fr. Ce portail, qui se présente comme « l'encyclopédie des affaires de Rachida Dati », recense de manière exhaustive les poursuites judiciaires et les potentielles atteintes à la probité la visant. Les avocats de la candidate estiment que ce site porte une atteinte grave à la présomption d'innocence, un principe fondamental du droit français.
Un site pédagogique ou une menace pour la démocratie ?
Mis en ligne le 27 février 2026, WikiDati.fr a été créé par Kevin Gernier, un employé de l'ONG Transparency International, agissant strictement à titre personnel et sur son temps libre. L'initiative, totalement indépendante de son employeur, vise à clarifier ce que son auteur décrit comme un imbroglio judiciaire complexe. « J'avais fini par me perdre dans les multiples tiroirs des affaires visant Rachida Dati. Trop complexes, trop nombreuses », explique-t-il. Son objectif affiché est de permettre aux électeurs parisiens de mieux comprendre la gravité et l'étendue des accusations à quelques semaines du scrutin des 15 et 22 mars.
La plateforme présente factuellement et chronologiquement douze affaires distinctes, chacune soigneusement sourcée, notamment à partir des investigations publiées par « le Nouvel Obs ». Pour Kevin Gernier, résidant à Paris, il s'agit d'un travail nécessaire de pédagogie civique. « Et si certains décident de ne pas en tenir compte, c'est leur droit, mais qu'ils le fassent de façon éclairée », argue-t-il, soulignant la nécessité d'un débat transparent à l'approche des élections municipales.
Une réaction rapide et une bataille juridique en perspective
La réaction de l'équipe de Rachida Dati a été foudroyante. À peine trois heures et demie après la mise en ligne du site, Kevin Gernier a reçu un premier courrier électronique en anglais de l'hébergeur, marquant le début des procédures. Cette démarche soulève des questions cruciales sur l'équilibre entre :
- Le droit à l'information des citoyens en période électorale.
- La protection de la réputation et des droits des personnalités publiques.
- Les limites de la liberté d'expression en ligne concernant des affaires judiciaires en cours.
Cette affaire intervient dans un contexte politique tendu, alors que Rachida Dati vient tout juste de quitter le gouvernement. Sa dernière apparition publique en tant que ministre de la Culture remonte au 25 février 2026 à l'Élysée. La rapidité de la contre-attaque juridique démontre la sensibilité extrême du sujet pour sa campagne. Les prochains jours seront décisifs pour savoir si OVH accédera à la demande de dépublication ou si WikiDati.fr pourra continuer à servir de référence controversée dans la bataille électorale parisienne.



