Propos racistes déguisés sur Facebook : un colistier RN de Valras-Plage dans la tourmente
Propos racistes d'un colistier RN : SOS Racisme et Licra saisis

Une publication Facebook aux relents racistes fait polémique à Valras-Plage

Les propos tenus sur les réseaux sociaux par Pascal Rebeillard, colistier du candidat du Rassemblement National (RN) à la mairie de Valras-Plage, Cédric Augier, ont déclenché une vive controverse. Dans une publication désormais supprimée, Rebeillard écrivait : "Je n’aime pas les frisés, ils me font penser aux suédois nord méditerranéens". Ces phrases, perçues comme des "dog whistle" ou messages cryptés, sont immédiatement devenues le cœur d'une polémique locale.

Des termes codés dénoncés comme ouvertement racistes

Richard Bertrand, conseiller municipal d'opposition de Valras et cible directe de cette publication, s'est dit "choqué et écœuré". Il explique : "Je considère ces propos comme ouvertement racistes. Ce sont des subterfuges lexicaux bien connus, où des mots comme 'frisés' ou 'Suédois' sont employés par certains milieux pour désigner des Maghrébins sans tomber sous le coup de la loi". La publication était accompagnée d'une photo montrant Bertrand, dont la chevelure est frisée, en conversation avec le maire sortant.

Face à la gravité des faits, Richard Bertrand a décidé d'agir. N'ayant plus accès au profil Facebook de Pascal Rebeillard pour effectuer un signalement direct via la plateforme Pharos, il a saisi plusieurs organisations engagées dans la lutte contre le racisme. SOS Racisme, la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) et la Ligue des droits de l'homme ont ainsi été alertées.

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La réaction du candidat RN et les accusations croisées

Contacté par nos soins, Cédric Augier, le candidat RN dont Rebeillard était le colistier, a condamné ces propos. "Je condamne ces propos. Ils ne reflètent ni notre sensibilité, ni la ligne de conduite que j’ai imposée à ma liste. C’est une maladresse et de l’humour gras que je regrette", a-t-il déclaré. Il a également ajouté que cette publication était une "réponse mal adaptée" aux troubles qu'aurait, selon lui, semés Richard Bertrand, évoquant de nombreuses plaintes déposées contre ce dernier.

Richard Bertrand affirme pour sa part ne pas être au courant de ces plaintes. Il souligne qu'aucun responsable du RN, à quelque niveau que ce soit, n'a publiquement condamné les propos de Pascal Rebeillard après qu'il en a partagé la capture d'écran sur les réseaux sociaux de sa liste "Valras, belle et rebelle".

Une question plus large sur la banalisation des discours haineux

Au-delà de l'affaire personnelle, Richard Bertrand estime que cet incident pose une question fondamentale. "Ces propos posent une question plus large sur la banalisation de discours discriminatoires dans le débat public local", insiste-t-il. Il dénonce l'utilisation croissante de symboles et de lexiques détournés, comme la croix celtique ou des références historiques ambiguës, pour promouvoir des idéologies racialistes sous couvert de patriotisme.

La page Facebook de Pascal Rebeillard, qui se présentait comme patriotique, regorgeait en effet de tels "clins d’œil fraternels", mentionnant par exemple Jeanne d'Arc ou les Templiers. Cet événement met en lumière la manière dont les réseaux sociaux peuvent devenir le terrain de propagation de messages à double sens, contaminant le débat politique local et national.

Les associations antiracistes saisies devront maintenant se prononcer sur la qualification de ces propos et sur les éventuelles suites à donner. Cette affaire rappelle la vigilance nécessaire face à la montée en puissance d'un langage codé à visée discriminatoire dans l'espace public numérique.

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