La crise des déserts médicaux s'invite dans la campagne municipale à Bagnols-sur-Cèze
À l'approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, le débat politique s'intensifie à Bagnols-sur-Cèze. Lors de la tournée des débats organisée par Midi Libre ce lundi 23 février, la question de la santé est apparue comme une préoccupation majeure, révélant une situation alarmante pour les habitants.
Une urgence sanitaire dénoncée par les candidats
Pascale Bordes, candidate du Rassemblement National, a tiré la sonnette d'alarme en évoquant une problématique "urgente à régler". Elle a révélé que 10 000 personnes au sein de la commune n'ont pas de médecin traitant, un chiffre qui illustre l'ampleur du désert médical local.
Pour remédier à cette situation critique, elle propose une solution pragmatique : "rénover un local et compter sur des médecins retraités, juniors et les internes pour que les patients reçoivent enfin des soins". Cette approche vise à mobiliser toutes les ressources médicales disponibles sur le territoire.
Des propositions variées pour revitaliser l'offre de soins
Plusieurs candidats se sont accordés sur la nécessité de créer une infrastructure de santé municipale. Philippe Broche et Michel Cegielski défendent l'idée d'un pôle de santé municipal, avec un financement régional substantiel.
"Il faut redonner des moyens avec notamment le financement de la région", a insisté Philippe Broche, qui souligne l'importance d'avoir des interlocuteurs compétents : "pour traiter avec les médecins, il faut des personnes qui ont le même langage". Son équipe compte d'ailleurs un ancien responsable des urgences du centre hospitalier de Nîmes.
Innovation et coopération internationale
Jérôme Jackel, candidat Debout !, propose une approche ambitieuse avec la création d'un pôle médical intercommunal sur le modèle de Bollène. Sa vision inclut une dimension internationale : "Il faut démarcher des jeunes médecins étudiants et notamment se tourner vers Cuba qui a des coopérations médicales".
Cette proposition originale vise à pallier le manque de praticiens en explorant des partenariats innovants au-delà des frontières nationales.
Les actions du maire sortant et les critiques de l'opposition
Le maire sortant Jean-Yves Chapelet a présenté les avancées en cours, notamment une maison de soins pluriprofessionnelle en phase de finalisation. Il a également annoncé des améliorations à l'hôpital de Bagnols : "un urgentiste supplémentaire, une première depuis de nombreuses années. Les nouvelles urgences seront d'ailleurs en service à la fin de l'année".
Concernant le logement des internes, la ville s'engage à poursuivre son accueil, avec des premiers retours positifs sur leur volonté de s'installer durablement dans la région.
Des problématiques connexes : handicap et attractivité territoriale
Michel Cegielski, ancien adjoint à la culture, a placé le handicap au centre de son programme. Il annonce : "J'aurai un élu au handicap" et propose de créer une maison du répit pour soutenir les aidants familiaux.
De son côté, Jean-Marc Touron (Reconquête !) lie la pénurie médicale à un problème plus large d'attractivité territoriale : "Il faut ressortir la ville de l'état dans lequel elle se trouve. Beaucoup de personnes doivent aller à Paris ou Marseille pour faire des scanners".
Une vision critique de l'organisation hospitalière
Christophe Prévost a pointé du doigt les déséquilibres au sein de l'hôpital actuel : "Cela représente plus de la moitié. Il n'y a pas assez de médecins, il faut retrouver une santé digne de ce nom". Son analyse met en lumière la proportion importante de personnel administratif par rapport aux soignants.
Philippe Broche complète cette réflexion en proposant d'étendre l'offre de logement aux infirmières en plus des internes, démontrant ainsi une approche globale des besoins du personnel soignant.
Le débat sur la santé à Bagnols-sur-Cèze révèle ainsi une multiplicité d'approches pour répondre à une crise qui touche directement la qualité de vie des habitants. Alors que les élections municipales de 2026 approchent, cette question restera certainement au cœur des préoccupations des électeurs.



