Un entrepreneur de la cryptomonnaie entre en politique
Pierre Noizat, âgé de 65 ans, fait son entrée officielle sur la scène politique française. Ce chef d'entreprise, cofondateur d'une des principales plateformes françaises de cryptomonnaie, sera tête de liste dans le 11e arrondissement de Paris sur la liste de Sarah Knafo. Son engagement est motivé, comme il l'explique, par le fait qu'elle est selon lui la seule candidate à porter les thèmes essentiels : liberté économique et sécurité.
Un événement personnel tragique
La question de la sécurité revêt une importance particulière pour Pierre Noizat. En mai dernier, sa fille et son petit-fils ont été agressés en pleine rue par trois individus qui ont tenté de les emmener de force dans une fourgonnette. L'intervention de passants a permis d'éviter le pire. « Cela laisse bien sûr des traces psychologiques, mais si je sors des émotions, force est de constater que la police est désarmée pour protéger la population face aux voyous et au narcotrafic », affirme-t-il. Il ajoute : « Si on est laxiste avec les loups, on est cruel avec les innocents ».
Un parcours professionnel diversifié
Avant de se lancer dans l'univers des cryptomonnaies, Pierre Noizat s'est d'abord illustré dans le secteur des télécommunications :
- En 1994, il participe au lancement de DirecTV, le premier service de télévision numérique par satellite.
- Il s'investit également dans TPS, un bouquet de chaînes numériques lancé en 1996 pour concurrencer Canal+.
C'est dans les années 2000 qu'il découvre le bitcoin grâce au livre blanc de Satoshi Nakamoto, le document fondateur décrivant le fonctionnement de cette cryptomonnaie révolutionnaire.
Le bitcoin comme passion et projet politique
Diplômé de Columbia et polytechnicien, Pierre Noizat fonde en 2011 Paymium, la première plateforme d'échange bitcoin/euro au monde, toujours active aujourd'hui. Pour lui, le bitcoin dépasse le simple aspect financier : « La décentralisation des serveurs, c'est la nouvelle séparation des pouvoirs », déclare-t-il, y voyant un outil de libération.
Il justifie son soutien à Sarah Knafo par son intérêt pour les technologies émergentes : « Elle est la seule à comprendre les enjeux technologiques autour du bitcoin, de l'IA et du logiciel libre comme outils de la souveraineté et de l'innovation ». Il récuse toutefois le classement de cette liste à l'extrême droite, qualifiant cela d'« anathème ».
Un rapprochement politique progressif
Ce ralliement n'est pas une surprise totale. En mai 2025, Pierre Noizat s'est exprimé au Sommet des Libertés, un rassemblement de droites libérales et identitaires, où il a défendu le pluralisme monétaire et dénoncé un « endoctrinement monétaire » qu'il estime débuter « dès l'école ». Un mois plus tard, il a revu Sarah Knafo lors de la conférence internationale annuelle dédiée au Bitcoin à Prague.
Selon certains observateurs, il incarne « une version française de la rencontre entre l'ultralibéralisme à tendance libertarienne et le conservatisme identitaire ». Son engagement illustre la politisation croissante de l'écosystème crypto français et la fascination persistante du monde politique pour les cryptomonnaies.



