Un dîner stratégique entre deux futurs prétendants à l'Élysée
Ce 10 février, Édouard Philippe et Gabriel Attal ont partagé un dîner en tête-à-tête, peu après leur participation au meeting parisien de Pierre-Yves Bournazel. Cette rencontre privée a naturellement tourné autour de la future bataille pour l'Élysée, qui se profile à l'horizon 2027. Les deux hommes, qui seront vraisemblablement concurrents, se sont accordés sur un point crucial : au début de l'année 2027, l'un d'eux devra renoncer à sa candidature pour soutenir l'autre.
Une ambiance détendue malgré les enjeux
« Plutôt février que janvier », a suggéré avec humour Édouard Philippe, maire du Havre, connu pour ne jamais se précipiter. La question d'une éventuelle primaire a même été abordée sur le ton de la plaisanterie. Gabriel Attal n'a pas manqué de taquiner son hôte à propos de son roman politique Les Hommes de l'ombre, récemment adapté à la télévision. « Tu y racontes l'histoire d'un candidat désigné par une primaire en ligne qui donne lieu à une vaste fraude ! », a-t-il rappelé, suscitant sans doute un sourire.
Cette franche camaraderie n'est pas nouvelle. Elle était déjà palpable dans les loges du Cirque d'Hiver lors d'un précédent événement. Seul manquait à l'appel Bruno Retailleau, qui a eu le malheur de soutenir Rachida Dati, créant une légère tension dans le paysage politique.
Des relations préservées par l'absence d'histoire commune
Les trois principaux candidats pressentis pour l'élection présidentielle – Philippe, Attal et Retailleau – ont noué une relation cordiale au fil des années. L'absence de cadavres dans le placard et le fait qu'ils ne partagent pas un long passé commun les a protégés des luttes fratricides qui caractérisent souvent la vie politique. Comme le dit un adage, moins on se connaît, moins on se déteste.
Cette retenue s'est notamment manifestée lorsque Gabriel Attal a réagi au départ fracassant de l'ancien ministre de l'Intérieur du gouvernement, à l'automne dernier. Loin de tomber à bras raccourcis sur lui, le leader des députés Renaissance assurait en privé comprendre « humainement » son choix, faisant preuve d'une certaine magnanimité.
Les réactions aux retours surprises
Les retours inattendus dans le paysage politique ne laissent pas indifférent. Le soir de la nomination de Bruno Le Maire à un poste clé, Bruno Retailleau a appelé Édouard Philippe. L'ancien Premier ministre, peu emballé par ce retour surprise, a lâché : « Je vais leur casser la gueule », témoignant de son agacement.
Le sénateur a également contacté Gabriel Attal, lui glissant avec une pointe d'ironie : « Tu devrais être content, il n'y a que des macronistes ! ». À quoi le leader des députés a répondu, non sans finesse : « Il n'y a pas d'attalistes », minimisant ainsi son propre camp et rappelant la prééminence du président sortant dans le paysage.
Ce dîner, au-delà des sourires et des plaisanteries, révèle les prémices d'une campagne qui s'annonce à la fois stratégique et personnelle. Les alliances se dessinent, les rivalités s'estompent provisoirement, mais l'objectif reste le même : conquérir l'Élysée en 2027.



