Olivier Falorni : le parcours politique tumultueux du nouveau maire de La Rochelle
Olivier Falorni : le parcours du nouveau maire de La Rochelle

Le parcours politique mouvementé d'Olivier Falorni

Conseiller municipal, adjoint au maire, conseiller régional, député… La carrière politique du nouveau maire de La Rochelle, Olivier Falorni, est marquée par des alliances, des ruptures et des crises qui ont résonné jusqu'à la présidence de la République. Retour sur un parcours hors normes.

Les débuts prometteurs au Parti socialiste

En 2008, à seulement 36 ans, Olivier Falorni occupe déjà la fonction de premier secrétaire fédéral du Parti socialiste en Charente-Maritime depuis quatre ans, ce qui faisait de lui le plus jeune élu à ce poste en France. Parallèlement, il est adjoint au maire de La Rochelle Maxime Bono, chargé des finances, après avoir été élu conseiller municipal sur sa liste en 2001.

À l'approche des Universités d'été du PS d'août 2008, qu'il organise à La Rochelle, le jeune élu exprime le souhait que « le linge sale ne soit pas lavé en public » dans un contexte électoral tendu où chaque ténor présente sa motion. Plus de 4 000 militants participent à cet événement qui voit notamment la présence de Bertrand Delanoë et François Hollande.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L'indépendance affichée et les premières tensions

En novembre 2008, alors que la motion de Ségolène Royal arrive en tête en Charente-Maritime, Olivier Falorni choisit de ne se prononcer sur aucune motion, une position qui lui vaut d'être qualifié de « fin joueur » par la presse locale. Cette indépendance affichée sera pourtant mise à l'épreuve lors de sa propre succession à la tête du PS départemental.

Le camp Royal, dont fait partie Maxime Bono, propose la candidature de David Baudon. Sans soutien officiel, Falorni se présente en indépendant et remporte l'élection le 20 novembre 2008, qualifiant sa victoire de « bonheur un peu douloureux ».

La rupture avec le PS et l'affrontement avec Ségolène Royal

Le tournant majeur intervient en février 2012 lorsque Olivier Falorni entre officiellement en dissidence et se présente aux élections législatives dans la première circonscription de Charente-Maritime contre Ségolène Royal, candidate investie par le PS. Il peut compter sur le soutien de Jean-François Fountaine comme porte-parole de son comité de soutien.

L'affaire prend une dimension nationale lorsque, le 12 juin 2012, Valérie Trierweiler, compagne du président François Hollande, tweete son soutien à Falorni contre Ségolène Royal, l'ex-compagne du président. Ce tweet crée un embarras jusqu'aux plus hautes sphères du PS et de l'État.

La victoire historique et ses conséquences

Le 17 juin 2012, Olivier Falorni remporte une victoire écrasante avec 62,08% des voix, devenant ainsi député de la première circonscription. Ségolène Royal qualifiera ce résultat de « victoire du déshonneur », citant Victor Hugo : « Toujours la trahison trahit le traître. »

Exclu du Parti socialiste, Falorni doit siéger au groupe Radical, républicain, démocrate et progressiste du Parti radical de gauche. Il quitte également le conseil municipal de La Rochelle en juillet 2012, actant la rupture définitive avec Maxime Bono qui soutenait Royal.

L'évolution politique et l'accession à la mairie

En 2014, Falorni soutient Jean-François Fountaine qui remporte l'élection municipale rochelaise en présentant sa candidature en dissidence du PS. Le député connaît aussi un moment d'embarras médiatique lorsqu'il est piégé par téléphone par l'humoriste Gérald Dahan se faisant passer pour Manuel Valls.

Réélu député en 2017 avec 69,02% des voix, Falorni annonce qu'il siégera dans la majorité présidentielle tout en se présentant comme un « esprit libre ». Il dépose notamment une proposition de loi sur la fin de vie en octobre 2017.

Après un échec aux municipales de 2020 face à Jean-François Fountaine, Falorni prépare son retour. Réélu député en 2024 avec 74,71% des voix face à la candidate RN Emma Chauveau, il remporte finalement la mairie de La Rochelle le 22 mars 2026 avec 43,7% des voix, soit plus de 13 points d'avance sur sa concurrente Marilyne Simoné.

Le conseil municipal d'installation pour élire officiellement le maire aura lieu le samedi 28 mars 2026, marquant l'aboutissement d'un parcours politique commencé vingt-cinq ans plus tôt dans les rangs du Parti socialiste.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale