Nicolas Florian, successeur de Juppé à Bordeaux : un pur produit de l'UMP face à la montagne
Nicolas Florian, successeur de Juppé à Bordeaux : un pur produit UMP

Nicolas Florian désigné successeur d'Alain Juppé à Bordeaux

Ce jeudi soir, la majorité municipale a désigné Nicolas Florian comme successeur d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux. À 49 ans, ce pur produit de l'UMP, qui avait succédé à Hugues Martin comme adjoint aux finances, reprend le flambeau dans une incroyable coïncidence historique, reproduisant le parcours de son prédécesseur.

Un « fils politique » de Juppé appelant à la continuité

Devant les caméras, Nicolas Florian a exprimé son émotion, appelant au rebond collectif et à la continuité. Son bureau, meublé de bois contemporain, dépouillé et impeccablement rangé, est situé en face de l'antichambre menant à celui de Ludovic Martinez, le directeur de cabinet de Juppé, puis à celui du maire.

Derrière un flegme anglais apparent, Florian détient un portefeuille stratégique incluant le budget, la gestion du personnel communal et l'administration générale. Ce périmètre politique lui a donné les clés de la machine municipale, notamment dans les relations avec les syndicats, et une vision transversale, mais l'a aussi privé de visibilité directe en ville.

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Une réputation contrastée et un parcours local bien établi

L'opposition souligne parfois une réputation de dilettante, mais ses proches, comme Alexandra Siarri, le décrivent comme « quelqu'un qui écoute beaucoup, qui sait rassembler ». Gaulliste de tendance Juppé, il avait rejoint l'équipe de Valérie Pécresse pour réfléchir à l'évolution du service public, avant d'en démissionner récemment.

Juppé en personne lui avait demandé en 2014 de figurer sur sa liste à Bordeaux. « Comment refuser de travailler avec lui ? C'est une chance formidable », confie Florian, qui cultive un look d'éternel jeune premier. Il aurait dû devenir maire de Villenave-d'Ornon après Patrick Pujol, parrain de son fils, mais Bordeaux représente un défi d'une autre envergure.

Une trajectoire politique ancrée dans la droite modérée

Lancé en politique par le chabaniste Valade en 1992 pour des régionales, Nicolas Florian, titulaire d'une licence et maîtrise de droit, devient attaché parlementaire à 22 ans. Élu au Département à 32 ans, il a payé cher son leadership de l'opposition face au président Madrelle, la gauche déployant son arsenal en 2008 pour battre cette valeur montante de la droite girondine.

Juppé lui avait déjà confié des dossiers clés à la CUB : vice-président chargé du franchissement en 2008, il a suivi le chantier du pont Chaban et lancé la consultation du franchissement Jean-Jacques-Bosc, devenu pont Simone Veil. En 2011, il avait également pris en main la délégation économique.

Un réseau puissant mais une carrière au service de ses mentors

Engagé tôt au RPR, Nicolas Florian a dirigé les jeunes avant d'être nommé secrétaire départemental de l'UMP il y a quinze ans. Juppé l'a envoyé deux fois aux législatives : en 2012 contre Delaunay, où il a réalisé un score plus élevé que Sarkozy sur la circonscription, et en juin 2018, battu par la vague LREM.

S'il possède un puissant réseau, Florian a plus servi ses pères politiques (Pujol puis Juppé) que sa propre carrière, marquée par des changements de territoire compliquant l'ancrage. En 2014, il a codirigé la campagne de Juppé aux côtés de Ludovic Martinez, témoignant de sa grande proximité avec l'ancien maire.

Membre fondateur d'Esprit Bordeaux, il espérait un dernier mandat de Juppé. « Au pire, on travaillera pour celui qui ira », confiaient les promoteurs de cette task force électorale. Nicolas Florian est désormais au pied de la montagne, face à l'exigence bordelaise, pour un intérim ou plus si le costume lui sied.

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