Mélenchon dénonce un traitement médiatique après la mort d'un étudiant à Lyon
Rassurons-nous : Jean-Luc Mélenchon conserve intacte sa capacité à s'emporter. Une fois de plus, c'est la presse qu'il accuse de l'avoir poussé à bout. Rien de véritablement nouveau chez le guide suprême de La France insoumise, si ce n'est que le motif de son courroux actuel est particulièrement grave. Il s'insurge contre le traitement médiatique dont il estime être la cible depuis le décès tragique de Quentin Deranque.
Un étudiant victime d'une agression en marge d'une conférence
Quentin Deranque, un étudiant identitaire âgé de 23 ans, a perdu la vie suite à une agression survenue à Lyon. Les faits se sont déroulés en marge d'une conférence organisée par l'eurodéputée LFI Rima Hassan. Jean-Luc Mélenchon affirme, sans la moindre once d'humour, que lui et les insoumis subissent désormais des "gardes à vue médiatiques". Selon ses dires, ils seraient contraints de se rendre sur les plateaux de télévision pour répondre à de véritables interrogatoires.
Conséquence directe de cette perception : lors de sa dernière conférence de presse tenue lundi, le leader de La France insoumise a sélectionné avec soin les médias autorisés à lui poser des questions. Cette pratique, qui rappelle des méthodes employées ailleurs, soulève des interrogations sur la relation entre la classe politique et la presse.
Une stratégie d'attaque et la recherche permanente d'un ennemi
Il faut reconnaître qu'à 74 ans, Jean-Luc Mélenchon n'a pas attendu l'ère Trump pour privilégier l'attaque à la défense. Cependant, lorsque le récit doré du défenseur des opprimés dérape, LFI et certains mouvements politiques partagent une règle fondamentale : avoir toujours un ennemi désigné sous la main. L'objectif ? Détourner l'attention et dénoncer le système en place.
De la part de Jean-Luc Mélenchon, cette posture a toujours eu un certain poids. Son parcours politique est pourtant des plus classiques :
- Élu municipal et conseiller général
- Sénateur pendant dix-huit longues années
- Ministre dans le gouvernement Jospin durant la cohabitation
- Député européen puis député de la Nation
- Trois fois candidat à l'élection présidentielle
Ce professionnel aguerri de la politique ne ferait donc pas partie du système ? Un système qui l'a pourtant nourri et porté pendant quatre décennies, révélant au passage un stratège talentueux et habile.
Les liens avec la Jeune Garde et la conceptualisation de la violence
S'il appartient désormais à la justice de faire toute la lumière sur les circonstances de la mort de Quentin Deranque, un élément trouble le dossier. Les agresseurs présumés, aujourd'hui mis en examen, seraient membres – ou du moins proches – de la Jeune Garde. Ce groupuscule d'extrême gauche est connu pour sa proximité avec La France insoumise.
Le fondateur de la Jeune Garde n'est autre que le député insoumis Raphaël Arnault, par ailleurs fiché S. Bien sûr, les rixes entre nervis de l'extrême droite et de l'extrême gauche existaient bien avant la création de LFI. Mais Jean-Luc Mélenchon a, selon de nombreux observateurs, conceptualisé la violence en politique. Il a fait sienne la théorie du "bruit et de la fureur", du "tumulte et du fracas".
Dans cette affaire Deranque, Jean-Luc Mélenchon ne peut être tenu pour responsable de faits qu'il n'a pas commis. En revanche, sa posture de victime médiatique semble difficile à défendre. Sa proximité revendiquée avec la Jeune Garde, malgré les nombreuses agressions attribuées à ses membres, a au moins un mérite : celui de la clarification. Ses tentatives pour détourner l'attention n'y changeront probablement rien.



