Une cérémonie historique à l'hôtel de ville de Libourne
Le samedi 11 mars 2017 restera une date marquante dans les annales de la cité libournaise. Ce jour-là, dans le cadre majestueux de l'hôtel de ville, l'ancien député-maire Gilbert Mitterrand, âgé de 68 ans, a reçu des mains du président de la République François Hollande la prestigieuse médaille de la Légion d'honneur. Une atmosphère singulière régnait dans les lieux, mêlant la rigueur du protocole présidentiel à une chaleur humaine palpable, peut-être due aux premières effluves printanières ou à la réunion d'énergies spirituelles particulières.
Un moment d'intimité protocolaire
Dès son arrivée, François Hollande, en visite officielle à Libourne, a surpris l'assistance en s'adressant directement à Gilbert Mitterrand par son prénom, créant immédiatement un climat de proximité inhabituel pour ce type de cérémonie. L'ancien premier magistrat de Libourne, qui a dirigé la ville de 1989 à 2011, s'est montré visiblement ému par cette distinction, qu'il a qualifiée de "surprise" et qui l'a profondément "impressionné".
Dans son allocution, le chef de l'État a tenu à préciser que sa présence ne se limitait pas à honorer un homme, mais également à célébrer la ville elle-même. "François Hollande n'est pas venu pour moi. Mais parce qu'il avait envie de venir ici", a modestement souligné Gilbert Mitterrand à l'issue de la remise de décoration.
Parcours politique et engagements humanitaires
Le président Hollande a retracé avec précision le cheminement politique exceptionnel de Gilbert Mitterrand, depuis son adhésion adolescente à la convention des institutions républicaines jusqu'à son mandat de député en 1981, puis son élection comme maire de Libourne en 1989. Il a particulièrement salué son "indépendance" d'esprit et son action déterminante pour le développement économique local, notamment par l'implantation d'une trentaine de PME et son rôle crucial dans l'arrivée du TGV à Libourne.
L'hommage s'est également porté sur la création de la communauté d'agglomération du Libournais, dont Gilbert Mitterrand a assumé la présidence jusqu'en 2014, après avoir transmis son fauteuil de maire à Philippe Buisson fin 2011. "Une vie consacrée au bien commun des Libournais, des Français et du monde", a résumé François Hollande, ajoutant avec émotion : "Ici, on vous a reconnu et aimé comme Gilbert".
Héritage familial et vision politique
Entouré de ses proches et d'anciens collaborateurs, dont le député Florent Boudié qui fut son directeur de cabinet, Gilbert Mitterrand a exprimé sa profonde "reconnaissance" envers ses parents, leur attribuant le "sens" donné à son existence. Il a modestement déclaré n'avoir "de mérite que d'avoir eu la chance d'appartenir à une génération qui n'a pas connu la guerre sur son sol".
Dans un vibrant plaidoyer pour les valeurs démocratiques, l'ancien membre de l'Assemblée parlementaire du conseil de l'Europe a cité son père François Mitterrand : "Notre démocratie est le bien le plus précieux de la France". Il a également défendu avec conviction la nécessaire alliance entre utopie et pragmatisme dans l'action politique, refusant catégoriquement toute opposition entre ces deux dimensions.
Le président Hollande a pour sa part souligné l'engagement humanitaire actuel de Gilbert Mitterrand à la tête de France-Libertés, fondation créée par Danielle Mitterrand en 1986 pour la défense des droits humains, avec un accent particulier sur l'accès universel à l'eau potable. Paraphrasant l'ancien président Mitterrand - "Le nationalisme, c'est la guerre" -, François Hollande a ainsi relié l'héritage familial aux combats contemporains contre les extrémismes.
Cette cérémonie du 11 mars 2017, immortalisée par les photographes de Sud Ouest, demeure un moment symbolique fort, à la croisée de l'histoire personnelle d'un homme, de l'engagement politique local et des grandes valeurs républicaines françaises.



