Des violences politiques ciblent La France insoumise en pleine campagne
La campagne électorale prend une tournure dramatique pour La France insoumise avec deux incidents graves survenus le même vendredi soir. À Strasbourg, une candidate a été menacée de mort au couteau, tandis qu'à Faches-Thumesnil près de Lille, un meeting a été violemment perturbé par des individus encagoulés.
Une colistière menacée de mort devant ses enfants à Strasbourg
Jamila Haddoum, travailleuse sociale de 44 ans et colistière en dixième position sur la liste LFI menée par Florian Kobryn à Strasbourg, a déposé plainte après avoir été agressée vendredi soir. L'incident s'est produit lors d'une opération de collage d'affiches dans le centre-ville, alors qu'elle était accompagnée de ses enfants âgés de 15 et 16 ans.
Un homme armé d'un couteau l'a menacée en prononçant ces mots : « Je vais te trancher la gorge ». La candidate a également été insultée avec des termes comme « gauchiste de merde », « salope » et « pute ». Florian Kobryn a condamné fermement ces violences « inacceptables » dans un communiqué officiel.
Un climat de haine dénoncé par les responsables insoumis
Le candidat LFI à Strasbourg dénonce « le climat mortifère de haine et de défiance à l'encontre de La France insoumise ». Il appelle à « un sursaut républicain et antifasciste » ainsi qu'à « une fin de campagne apaisée, loin des attaques dont nous faisons l'objet ».
Florian Kobryn a précisé que cette agression s'inscrit dans une série d'actes hostiles visant le parti depuis une quinzaine de jours : « La serrure du local de campagne a été forcée, de la colle a été mise dans la serrure. Des excréments ont été déposés devant le local ». Avec cette dernière agression, « ça prend une tout autre tournure », a-t-il déploré.
Un meeting attaqué par des individus encagoulés près de Lille
Dans le Nord, à Faches-Thumesnil, le meeting de campagne de Patrick Proisy, maire LFI candidat à sa réélection, a été violemment perturbé. Une dizaine de personnes encagoulées ont pénétré dans la salle où se réunissaient une centaine de personnes.
Les perturbateurs, munis de pancartes portant le message « Justice pour Quentin » en référence au meurtre du militant d'extrême droite Quentin Deranque à Lyon en février, se sont placés devant l'estrade avant de lancer divers projectiles. Du faux sang, de la farine et des canettes ont été jetés sur les participants.
Interpellations et réactions politiques
La police est intervenue rapidement et a interpellé quatre individus. Personne n'a été blessé lors de cet incident, mais le maire Patrick Proisy, qui a subi un jet de farine, a annoncé son intention de porter plainte. Le meeting a pu reprendre après l'intervention des forces de l'ordre.
Le maire a rappelé que « la municipalité, c'est vraiment le champ de base de la démocratie » et insisté sur la nécessité de « ne pas se laisser attaquer dans les villes ».
Des accusations de violences fascistes
Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a accusé sur son compte X « quinze néonazis cagoulés venus de Paris et du Nord » d'avoir causé les troubles. Il a salué « les camarades du service d'ordre Insoumis qui ont protégé les participants et maîtrisé sans violences les brutes ».
Le député LFI Aurélien Le Coq, présent au meeting de Faches-Thumesnil, a également dénoncé sur les réseaux sociaux « une nouvelle étape de la bascule fasciste ». Ces incidents interviennent dans un contexte politique tendu où les tensions semblent s'exacerber à l'approche des échéances électorales.



