Le ministre de l'intérieur privilégie la liberté d'expression
Le ministre de l'intérieur Laurent Nuñez a annoncé ce jeudi qu'il ne demanderait pas l'interdiction de la marche en hommage à Quentin Deranque, prévue samedi 21 février à Lyon. Cette décision intervient malgré les appels à l'interdiction formulés par le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, qui redoute des troubles à l'ordre public.
« Mon rôle, c'est un équilibre entre le maintien de l'ordre public et la liberté d'expression. Pour l'instant, la liberté est plus importante que l'inquiétude », a déclaré le locataire de la Place Beauvau sur RTL. Il a précisé que la marche, qui doit parcourir 1,4 kilomètre dans le 7e arrondissement de Lyon, sera « encadrée pour éviter tout débordement » par un « dispositif policier important ».
Sept suspects mis en examen pour homicide volontaire
Parallèlement, le procureur de Lyon, Thierry Dran, a fait savoir que sept personnes avaient été mises en examen dans le cadre de l'enquête sur la mort de Quentin Deranque. Six d'entre elles sont poursuivies pour homicide volontaire, tandis que Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, est mis en examen pour complicité d'homicide volontaire par instigation.
Les sept suspects, âgés de 20 à 26 ans, sont pour la plupart des étudiants ou des employés du secteur privé. Selon le procureur, trois d'entre eux déclarent avoir fait partie ou être proches de la mouvance d'ultragauche. Tous contestent l'intention homicide, bien que certains reconnaissent leur présence sur les lieux et admettent avoir porté des coups.
Une marche qui divise la classe politique
La marche prévue samedi continue de susciter des réactions contrastées au sein de la classe politique. La famille de Quentin Deranque a appelé « au calme et à la retenue » et a dénoncé « toute forme de violence politique ». Elle ne soutient pas cette manifestation, selon son avocat Fabien Rajon.
Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a qualifié cette marche de « véritable démonstration fasciste » et a demandé son interdiction. À l'inverse, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a recommandé à ses cadres de ne pas se rendre à ces rassemblements ni d'y associer le parti.
Le président Emmanuel Macron, en visite en Inde, a appelé à éviter « tout engrenage de la violence », affirmant qu'en République il n'y avait « pas de place pour les mouvements qui adoptent et légitiment la violence ».
Des tensions politiques exacerbées
L'affaire Quentin Deranque a mis en lumière les tensions politiques croissantes en France. Dominique de Villepin, ancien premier ministre, a mis en garde contre « deux idées dangereuses » : « celle de la symétrie des violences de la gauche et de la droite » et celle de la « normalisation de l'extrême droite ».
Des incidents ont déjà été recensés, comme à Castres où la permanence d'une candidate soutenue par LFI a été aspergée de peinture rouge, dans une action revendiquée par le groupuscule d'extrême droite Patria Albiges.
La marche de samedi, déclarée par la militante provie Aliette Espieux, devrait rassembler différentes chapelles de l'extrême droite française. La préfecture du Rhône et la police continuent d'évaluer les risques que cet événement pourrait poser pour ses participants comme pour les habitants de Lyon.



