Hommage national aux héros du 13 novembre 2015
Le président de la République Emmanuel Macron a présidé une cérémonie solennelle à l'Élysée ce mardi pour remettre les insignes de la Légion d'honneur à 61 personnes dont l'action héroïque a marqué la réponse aux attentats du 13 novembre 2015. Parmi les récipiendaires, on compte 59 membres des forces de l'ordre intervenus au Bataclan et deux présidents d'associations de victimes.
« Des femmes et des hommes ont fait le choix d'agir »
« Cette nuit-là, dans l'obscurité absolue, quelque chose de plus fort que la peur s'est levé pendant que la terreur frappait : des femmes et des hommes ont fait le choix d'agir, de sauver, de protéger », a déclaré le chef de l'État avec émotion devant l'assemblée. La cérémonie s'est déroulée sous les applaudissements nourris et sur la musique « Shooting Stars », interprétée en novembre dernier par des rescapés et familles de victimes.
Les forces de l'ordre honorées comprennent des policiers de la préfecture de police de Paris, des membres de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI), du Raid et de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Ces unités ont donné l'assaut décisif au Bataclan où 90 personnes ont perdu la vie. Les deux représentants des victimes décorés président les associations Life for Paris et 13onze15.
Une cérémonie sous haute présence politique
Emmanuel Macron a été entouré pour l'occasion par son prédécesseur François Hollande, créant un moment rare d'unité républicaine. Le président a personnellement décoré les premiers récipiendaires, attribuant trois grades d'officier et un grade de commandeur, distinction suprême de l'ordre de la Légion d'honneur.
La suite de la cérémonie a vu la participation du Premier ministre Sébastien Lecornu, du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et du ministre de la Justice Gérald Darmanin. Étaient également présents plusieurs responsables politiques en fonction au moment des attentats : l'ancien Premier ministre Manuel Valls, l'ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve, l'ancienne maire de Paris Anne Hidalgo et l'ex-préfet de police de Paris Michel Cadot.
Témoignages poignants et reconnaissance tardive
Parmi les nouveaux décorés, le brigadier-chef Joe, membre du Raid intervenu au Bataclan, a partagé son émotion : « J'étais au fusil, donc c'était protéger toute la colonne qui progressait tout le long de la piste, du moins jusqu'à la scène - donc se rapprocher au plus près de la crise ». Il a décrit cette nuit comme un « cauchemar » tout en exprimant sa fierté : « La Légion d'honneur représente un immense honneur et une grande fierté. Ça fait vraiment plaisir pour nous, pour le service, la famille qui nous encourage ».
Le président a cependant reconnu que certains acteurs de cette nuit tragique attendent encore leur reconnaissance. Les policiers de la « BAC de nuit » de Paris, premiers à pénétrer dans le Bataclan assiégé, ne figuraient pas parmi les décorés. « Ils devront être pleinement reconnus, comme je l'ai demandé au ministre de l'Intérieur cet automne, et je sais qu'ils y travaillent. Je souhaite que cela soit fait dans l'année », a promis Emmanuel Macron.
« Nous n'oublions aucun lieu, aucun visage »
Dans son discours, le président a insisté sur le devoir de mémoire : « Aujourd'hui, nous rendons hommage aux partisans de la vie. Chacun, à sa place, a contribué à ce que la France ne vacille pas, à ce que la France tienne. Et la France a tenu droite et digne ». Il a ajouté : « Nous n'oublions aucun lieu, aucun visage, aucune histoire brisée ».
Emmanuel Macron a également annoncé sa présence à Nice le 14 juillet prochain pour le 10e anniversaire de l'attentat qui a coûté la vie à 86 personnes sur la Promenade des Anglais. « Pour continuer à porter cette exigence de mémoire et de reconnaissance », a-t-il précisé.
Rappelons que le vendredi 13 novembre 2015, des commandos de l'État islamique ont simultanément attaqué le stade de France à Saint-Denis, plusieurs terrasses de bars et restaurants parisiens, et la salle de concert du Bataclan. Ces attentats coordonnés ont fait 130 morts et des centaines de blessés, marquant durablement la mémoire collective française.



