Macron examine les dissolutions après la mort d'un militant d'extrême droite
Macron examine les dissolutions après un décès politique

Emmanuel Macron intensifie la lutte contre les groupes violents après un décès tragique

Le président de la République Emmanuel Macron a convoqué ce mardi matin une réunion cruciale à l'Élysée pour examiner les mesures contre les groupes violents d'extrême droite et d'extrême gauche. Cette initiative fait suite au décès tragique de Quentin Deranque, un militant d'extrême droite de 23 ans battu à mort par des membres de l'ultragauche à Lyon.

Une réponse présidentielle à la violence politique

Emmanuel Macron avait annoncé samedi dernier la tenue de cette rencontre gouvernementale, affirmant vouloir « faire un point complet sur les groupes d'action violente qui sévissent et ont des liens avec les partis politiques quels qu'ils soient ». Le chef de l'État a fermement insisté sur le principe que « dans la République aucune violence n'est légitime » et a prévenu qu'« il n'y a pas de place pour les milices d'où qu'elles viennent ».

La réunion, qui s'est tenue à 10 heures en présence du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, de représentants de Matignon et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), visait spécifiquement à réaliser un bilan des actions menées contre les groupes violents ultra ou extrêmes et à effectuer une revue des risques à venir.

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Des procédures de dissolution déjà engagées

Selon des sources proches du dossier, plusieurs procédures de dissolution sont actuellement en cours :

  • Deux groupuscules d'ultradroite basés à Montpellier (Le Bloc montpelliérain) et Albi (Patria albiges)
  • Un groupuscule d'ultragauche dont le nom n'a pas été rendu public

Il est important de noter que les procédures contre les deux groupes d'ultradroite ont été engagées il y a plusieurs mois, donc antérieurement au décès de Quentin Deranque. La procédure contre le groupuscule d'ultragauche n'en est qu'à ses débuts. Toutes ces affaires devaient être évoquées lors de la réunion présidentielle.

Une approche équilibrée face aux extrêmes

Depuis la mort du jeune militant, Emmanuel Macron a veillé à dénoncer la violence politique quelle que soit son origine, qu'elle vienne des « mouvements d'extrême gauche » comme « d'extrême droite ». Il a appelé tous les « extrêmes » à « faire le ménage » dans leurs rangs.

Une source de l'exécutif a exprimé son inquiétude face à « la porosité de plus en plus forte entre certains partis ou corps intermédiaires et certains mouvements violents constatée depuis quelques mois ». La question d'éventuelles nouvelles dissolutions devait être abordée « dans le cadre d'une approche globale et sans lecture partisane d'un extrême ou de l'autre ».

Le processus rigoureux des dissolutions

Les procédures de dissolution suivent un processus strictement encadré :

  1. Une longue phase d'examen par les services du ministère de l'Intérieur
  2. La présentation des conclusions aux groupes incriminés
  3. Une phase contradictoire de quinze jours permettant aux mis en cause de présenter leurs arguments
  4. La décision finale de présenter ou non un décret de dissolution en Conseil des ministres

Pour les deux groupuscules d'ultradroite visés, la procédure en est actuellement au stade du contradictoire. Depuis 2017, 49 groupes ont fait l'objet de décrets de dissolution, dont les derniers en date La Jeune garde et Lyon populaire. Certains groupes, comme Les Soulèvements de la Terre, ont cependant réussi à faire annuler leur dissolution par le Conseil d'État.

L'Élysée n'a pas précisé à ce stade si la réunion de mardi déboucherait sur des annonces concrètes concernant de nouvelles dissolutions. Cette initiative présidentielle s'inscrit dans un contexte de tension politique croissante et de préoccupation concernant la montée des violences liées aux extrêmes politiques en France.

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