La confiance des Français envers Emmanuel Macron s'érode dangereusement
Les dernières enquêtes d'opinion ne peuvent certainement pas enchanter Emmanuel Macron. Toutes indiquent combien la confiance des Français à son égard est profondément érodée, sans même parler de popularité ! Le chef de l'État n'a pas tout à fait rejoint son prédécesseur François Hollande dans les abysses des sondages, mais celui-ci n'endurait pas le même degré de détestation que lui actuellement.
Un contexte international troublé
Les opérations de guerre israélienne et américaine en Iran se sont préparées dans son dos, et il ne s'en est pas caché. Il tente, depuis, de remettre l'horloge d'un monde déréglé à sa main, autant qu'il le peut. Hasard du calendrier, heureux pour lui : le discours qu'il devait prononcer sur la doctrine nucléaire de la France, depuis l'île Longue, lundi, est tombé à point nommé, au cœur d'une actualité internationale aussi incertaine que sidérante.
L'accueil par les oppositions a été étonnamment favorable, et c'est un premier point marqué par un président en quête d'approbation. Ce mardi soir, il a tenté de transformer l'essai, dans un format très solennel, celui d'une « adresse aux Français », exercice auquel il s'était déjà livré il y a tout juste un an, le 5 mars 2025.
Un discours grave et stratégique
C'était alors la menace russe dans le contexte de la guerre en Ukraine qui justifiait cette intervention. Cette fois, le théâtre des opérations n'est plus le même. Le discours à tenir devait être tout aussi grave mais plus ciselé. Il s'agissait à la fois de déplorer « des opérations militaires (...) conduites de dehors du droit international » et de souligner que malgré tout « l'Histoire ne pleure jamais les bourreaux de leur peuple ».
Le président a plaidé pour la paix mais a affirmé la détermination de la France à protéger ses ressortissants et à honorer ses accords de défense avec le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis. Il a reconnu son impuissance relative tout en réaffirmant le rôle de la France : « Face à cette situation instable et aux incertitudes des jours à venir, j'ai donné ordre au porte-avions Charles de Gaulle, ses moyens aériens, son escorte de frégates de faire route vers la Méditerranée ».
Une critique voilée de l'administration américaine
Depuis son bureau officiel, le salon doré, Emmanuel Macron tentait aussi de transformer l'essai de la veille. De jouer la continuité avec son allocution sur la « dissuasion avancée », de montrer que France pouvait à la fois porter une voix singulière et « jouer collectif » avec ses alliés.
C'est pour lui une façon de reprendre langue avec une opinion publique qu'il sait ne pas pouvoir reconquérir par la politique intérieure. Il est un chef d'État minoritaire, que tout oblige à prendre de la distance avec la conduite des affaires du pays. Il ne peut plus gouverner comme il le faisait durant son premier mandat, et dans une certaine mesure - et parfois démesure - au début de son second.
Son allocution était aussi un contournement de cette frustrante impossibilité. Une phrase doit retenir l'attention : « Nous sommes une puissance attachée à la paix, fiable, prévisible et déterminée », a déclaré Emmanuel Macron sur un ton solennel à la fin de sa prise de parole. Une forme de portrait, en creux, de tout ce que ne sont pas les États-Unis de Donald Trump.
Donald Trump, un chef d'État erratique auquel aucun responsable politique français ne veut voir aujourd'hui son nom accolé. Cette stratégie de communication internationale apparaît comme une tentative désespérée de regagner une légitimité perdue sur le front intérieur, où les critiques fusent de toutes parts.



