La santé, enjeu crucial des élections municipales à Rochefort
À quelques semaines des élections municipales, la situation critique du centre hospitalier de Rochefort et sa future réorganisation avec le site de La Rochelle dominent les débats politiques. La question de l'accès aux soins, particulièrement sensible dans ce territoire, s'impose comme un thème central de la campagne électorale.
Un hôpital en crise profonde
Le centre hospitalier local traverse une période particulièrement difficile marquée par des fermetures de lits successives, une pénurie alarmante de médecins et des conditions d'accueil parfois critiques aux urgences. Ces difficultés structurelles alimentent l'inquiétude croissante des habitants quant à la préservation des soins de proximité.
La fusion prévue en 2027 avec le site de La Rochelle constitue un point de tension majeur. Cette réorganisation, amorcée dès 2018, agite fortement le personnel soignant et soulève de nombreuses interrogations parmi la population rochefortaise. Les craintes de voir la qualité des soins se dégrader poussent les candidats à se positionner clairement sur cette thématique sanitaire.
Les positions contrastées des candidats
Hervé Blanché (liste Continuons ensemble, divers droite), président du Conseil de surveillance depuis 2014, défend la fusion comme « l'aboutissement logique de nos coopérations ». Il met en avant les actions concrètes menées pour renforcer l'offre de soins, notamment la construction de deux Maisons de santé et la création d'un Centre de santé mutualiste. « Demain, les médecins rochelais seront aussi ceux de Rochefort, ce qui confortera notre offre de soins », affirme-t-il.
Anne-Catherine Godde (liste Lutte ouvrière, extrême gauche), ancienne infirmière, dénonce une logique purement financière : « Partout, on ferme des services sous prétexte de rentabilité et d'efficience. Les seuls qui vont en subir les conséquences, ce sont les patients et les personnels. » Elle critique vivement les investissements dans le nouvel hôpital La Rochelle-Rochefort qu'elle considère comme « un placement très rentable pour la finance ».
Romain Monroux (liste Rochefort collectif 2026, divers gauche) exige « un vrai débat public transparent » sur l'avenir de l'hôpital. Il craint que la nouvelle gouvernance de 2027 ne réduise la représentation locale et n'affaiblisse la capacité à défendre les besoins spécifiques du territoire. Son équipe propose la création d'un centre de santé avec des médecins salariés et envisage même un cabinet itinérant pour aller au plus près des habitants.
Fabrice Vergnier (liste Rochefort, l'avenir autrement, divers gauche) adopte une position nuancée sur la fusion : « Si cela permet de renforcer nos moyens, pourquoi pas mais il est hors de question que cela se traduise par une perte d'accès aux soins. » Il plaide pour des mesures concrètes d'attractivité médicale, notamment la formation d'internes, l'augmentation des maîtres de stage et la création d'un centre de santé aux conditions de travail attractives.
Des solutions divergentes pour l'avenir
Les candidats proposent des approches radicalement différentes pour résoudre la crise hospitalière :
- Le maintien et l'accélération de la fusion avec La Rochelle pour certains
- La dénonciation pure et simple des restructurations pour d'autres
- La création de structures alternatives comme des centres de santé publics
- Le renforcement des politiques d'attractivité pour les jeunes médecins
Au-delà des divergences politiques, tous s'accordent sur l'urgence de la situation et la nécessité de préserver un accès aux soins de qualité pour les habitants de Rochefort et de sa région. La question sanitaire, traditionnellement secondaire dans les campagnes municipales, s'impose cette fois comme un déterminant majeur du scrutin à venir.



