Un hommage national pour Lionel Jospin aux Invalides
Ce jeudi, une cérémonie solennelle s'est tenue aux Invalides à Paris, où le président Emmanuel Macron a rendu un hommage national à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, décédé le 23 mars à l'âge de 88 ans. Dans son discours, le chef de l'État a qualifié Jospin de « repère dans notre histoire et notre esprit », soulignant son héritage politique majeur.
Un discours axé sur la modernisation et la rigueur
Emmanuel Macron a mis en avant les réalisations de Lionel Jospin, affirmant qu'il avait modernisé la vie économique, sociale et démocratique de la Nation de manière inédite. Il a rappelé que Jospin a fait entrer la France dans le nouveau siècle grâce à des réformes emblématiques telles que les 35 heures, la couverture maladie universelle et le Pacs, précurseur du mariage pour tous. Le président a également insisté sur le sens de la rigueur de cet héritier de Jean Jaurès, Léon Blum et François Mitterrand, déclarant que « seul l'esprit de rigueur rend possible l'idéal ».
Une réunion de la gauche plurielle
La cérémonie, organisée dans la cour Sud du Dôme en raison de travaux, a servi de point de ralliement pour les figures de la gauche plurielle. Parmi les personnalités présentes figuraient :
- Martine Aubry et Jean-Christophe Cambadélis
- Robert Hue, ancien patron du PCF
- Les ex-ministres Pierre Moscovici, Hubert Védrine, Bernard Kouchner, Catherine Trautmann et Jean-Claude Gayssot
- L'ancien président François Hollande, très proche de Jospin
- Le secrétaire général du Parti socialiste, Pierre Jouvet, et l'actuel patron, Olivier Faure
Cet événement a contrasté avec les divisions actuelles au sein des gauches radicale et sociale-démocrate, soulignant l'unité passée sous l'égide de Jospin.
Des présences notables et des absences marquées
Même des personnalités mises au ban récemment, comme Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn, ont assisté à la cérémonie pour un dernier adieu. Strauss-Kahn a évoqué « le souvenir d'un homme droit, construit, au service des autres ». En revanche, Jean-Luc Mélenchon, ancien ministre de Jospin, était absent, invoquant un délai d'invitation trop court malgré les démentis de l'Élysée et des proches.
Une cérémonie empreinte de symboles
Le cercueil est entré au pas du tambour et est ressorti sur une interprétation de « Les Feuilles mortes » par l'orchestre de la Garde républicaine, une chanson que Jospin avait interprétée en 1984. Le Parti socialiste a invité les militants à apporter une rose, symbole du parti, en hommage. Les obsèques publiques se dérouleront au cimetière du Montparnasse à partir de 14h30.



