Anne Hidalgo maintient sa proposition controversée de doubler les salaires des enseignants
La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, candidate déclarée à l'élection présidentielle de 2022, persiste dans sa proposition de doubler les salaires des enseignants et du personnel éducatif. Cette mesure, annoncée dans le cadre de son livre "Une femme française" qui paraît cette semaine, suscite une vive polémique dans la classe politique.
Une proposition qualifiée de démagogique par l'opposition
Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a réagi avec virulence à cette proposition. Dans un entretien au Parisien, il a déclaré : "On est au sommet de la démagogie ! Même Jean-Luc Mélenchon l'a qualifié ainsi. C'est dire." Le ministre a chiffré le coût de cette mesure à 150 milliards d'euros cumulés à la fin du quinquennat, ajoutant que "l'élection présidentielle ne peut pas être une Foire du Trône de la démagogie".
Jean-Michel Blanquer a également défendu les revalorisations salariales réalisées sous son mandat, précisant qu'un professeur qui gagnait 1 700 euros net auparavant perçoit désormais 1 869 euros net, avec l'objectif qu'aucun nouveau professeur ne commence sa carrière en dessous de 2 000 euros net d'ici deux ou trois ans.
Les réactions critiques de l'ensemble du spectre politique
Jean-Luc Mélenchon, leader des Insoumis, a qualifié cette mesure de "Rock & Roll" sur les réseaux sociaux, estimant son coût à plus de 60 milliards d'euros par an. Il a déclaré : "Moi, je préfère satisfaire les demandes des syndicats enseignants. Et mettre le paquet sur les créations de postes."
Le candidat écologiste Yannick Jadot a également critiqué la proposition, estimant qu'elle coûterait au moins 40 milliards d'euros annuels et dépasserait les demandes des syndicats. Rachida Dati, maire du 7e arrondissement de Paris, a pour sa part qualifié la mesure de "populiste".
Anne Hidalgo contre-attaque et assume pleinement sa proposition
Face à cette vague de critiques, Anne Hidalgo a réaffirmé sa position sur France Inter : "Ce que je trouve démago, c'est de leur faire croire qu'on s'intéresse à eux en les rémunérant aussi peu". La candidate a insisté sur le fait qu'il était inadmissible que les enseignants français soient aussi peu payés, soulignant que leur salaire est deux fois moins élevé qu'en Allemagne ou aux Pays-Bas.
La maire de Paris a précisé que sa proposition concernait non seulement les enseignants mais aussi toutes les personnes au contact des élèves, avec un objectif de doublement des rémunérations sur la durée du quinquennat. Elle a réitéré son engagement à "mettre le paquet" sur l'éducation, comparant cette priorité à celle accordée à la santé.
Cette polémique intervient alors qu'Anne Hidalgo officialise sa candidature à l'élection présidentielle et dévoile progressivement son programme. La question des salaires des enseignants, au cœur des débats sur l'éducation depuis des années, devient ainsi un enjeu majeur de la campagne électorale naissante.



