Anne Hidalgo évoque son bilan à Paris et l'avenir de la gauche avant son départ
Hidalgo : bilan parisien et perspectives pour la gauche

Anne Hidalgo dresse son bilan avant de quitter la mairie de Paris

Alors qu'elle s'apprête à quitter l'Hôtel de Ville après douze années à la tête de la capitale, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a accordé une interview exclusive à plusieurs médias, dont Sud Ouest. Cette rencontre intervient au terme d'un quart de siècle de vie municipale parisienne, comprenant treize ans comme première adjointe de Bertrand Delanoë suivis de douze ans en tant que maire. Durant cet échange d'une heure et demie, elle a évoqué avec franchise son bilan, l'état de la gauche et les défis à venir.

Un départ dans la sérénité malgré les critiques

Face aux attaques de Rachida Dati et aux critiques d'Emmanuel Grégoire, son ancien premier adjoint qui plaide pour une rupture de méthode, Anne Hidalgo s'est montrée particulièrement détendue. Je me suis préparée, j'ai des projets, je pars avec sérénité, a-t-elle déclaré. J'ai le sentiment du travail accompli, d'une majorité qui arrive à bon port, d'une ville qui a pris de l'avance sur le terrain écologique et le terrain social.

Les réalisations et regrets de douze années de mandat

Interrogée sur ses principales fiertés, la maire sortante a mis en avant :

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  • La production de nombreux logements
  • La transformation urbaine et écologique avec les pistes cyclables et la piétonnisation
  • La création de forêts urbaines
  • La baisse notable de la pollution de l'air
  • Le rayonnement international de Paris
  • La réussite des Jeux olympiques

Son principal regret concerne la digitalisation insuffisante du travail des 55 000 fonctionnaires de la Ville. On n'est pas allé assez loin, nos outils numériques doivent être améliorés, a-t-elle reconnu.

Défense sur la propreté et la dette municipale

Concernant la propreté de la ville, un thème central de la campagne, Anne Hidalgo a répondu aux critiques : Rachida Dati m'attaque sur ce point car la droite n'a pas su renouveler son logiciel. Elle affirme que la situation s'est nettement améliorée, surtout depuis les Jeux olympiques, avec moins de courriers de réclamation. Elle a également transféré la responsabilité aux maires d'arrondissement tout en augmentant les effectifs.

Sur le doublement de la dette municipale, qui dépasse désormais 9 milliards d'euros, la maire assume pleinement ces emprunts : J'assume tout à fait que nous ayons emprunté pour investir, notamment pour armer la ville face au choc climatique. Elle souligne que le patrimoine de la Ville est passé de 27 à 47 milliards d'euros et que la gestion est bien notée par les agences de notation.

Le défi du logement et l'exode des Parisiens

Face à la perte de 140 000 habitants en douze ans, souvent due au coût du logement, Anne Hidalgo reconnaît qu'il faut aller plus loin pour permettre aux classes moyennes de rester. Elle met cependant en avant les avancées : On a construit de nombreux logements sociaux, si bien qu'aujourd'hui près de 700 000 personnes à Paris, sur 2 100 000 habitants, vivent dans le parc social. Des mesures comme l'encadrement des loyers et la limitation des locations Airbnb ont été mises en place.

Analyse de la campagne municipale et critiques politiques

La maire sortante exprime des inquiétudes concernant la possible élection de Rachida Dati, qui doit être jugée en septembre pour corruption : Il y a une probabilité non négligeable pour qu'elle ne puisse pas exercer son mandat. Elle qualifie cette situation de pathétique pour la démocratie.

Concernant les Insoumis, elle accuse Sophia Chikirou d'avoir pour unique objectif de faire perdre la gauche de gouvernement à Paris, dans une stratégie visant à affaiblir cette dernière en vue de l'élection présidentielle de 2027.

Sur la percée de Sarah Knafo dans les sondages, Anne Hidalgo s'étonne que les médias ne rappellent pas davantage son appartenance au groupe des extrémistes de l'AfD au Parlement européen.

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Relations avec Macron et perspectives pour 2027

Évoquant ses relations avec Emmanuel Macron, la maire de Paris décrit une évolution : D'abord, on s'est vraiment affronté, il a essayé de m'éliminer de la mairie. Puis, il y a eu les Jeux olympiques, qu'on a fait ensemble. Les relations se sont apaisées, devenant même sympathiques, malgré des désaccords persistants.

Pour 2027, Anne Hidalgo ne se dit pas optimiste mais pense qu'un chemin existe pour éviter une victoire de l'extrême droite : Il faudra une offre permettant à la droite républicaine et à la gauche républicaine de s'entendre sur un nom au deuxième tour. Elle se déclare opposée à l'organisation d'une primaire à gauche, qu'elle qualifie de piège.

Projets personnels après la mairie

Quant à son avenir personnel, la maire sortante reste discrète mais annonce : Je compte m'engager à l'international, pour poursuivre le combat sur le climat. Elle promet d'en dire plus sur ses projets une fois son mandat terminé, marquant ainsi le début d'un nouveau chapitre après vingt-cinq années d'engagement municipal parisien.