Nice : le grand remplacement à la mairie commence avant même la passation de pouvoir
Grand remplacement à la mairie de Nice avant la passation

Nice : l'hôtel de ville en pleine effervescence avant l'arrivée d'Éric Ciotti

La passation de pouvoir entre Christian Estrosi et Éric Ciotti à la mairie de Nice est officiellement prévue pour le vendredi 27 mars 2026. À 9 heures précises, le premier conseil municipal du nouveau mandat se réunira pour élire le nouveau maire. Mais dans les couloirs de l'hôtel de ville, le chambardement a déjà commencé, révélant les tensions d'une transition politique mouvementée.

Une préparation technique sous haute tension

Les convocations ont été lancées pour ce conseil municipal historique qui sera retransmis sur Nice.fr. Dès le mardi 24 mars, Cécile Farrugia, collaboratrice parlementaire d'Éric Ciotti, s'est rendue en mairie pour régler les aspects protocolaires de cette réunion. « Il actera juridiquement la passation de pouvoir. Il y a tout un tas de délibérations à prendre. Il ne faut rien oublier », confie un collaborateur du futur locataire de l'hôtel de ville.

Au-delà de l'aspect administratif, ce rendez-vous revêt une dimension politique cruciale puisqu'il consacrera la victoire d'Éric Ciotti. L'assemblée délibérante désignera également ses adjoints, avec en tête de liste le premier d'entre eux. Si le nom du fidèle Bernard Chaix circule abondamment, rien n'est encore officiellement confirmé. « Ça ne nous a pas été annoncé officiellement », explique un colistier, soulignant le caractère secret du nouveau maire : « Éric Ciotti veut absolument éviter les fuites. C'est quelqu'un de très secret. Il cloisonne tout. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les prémices du grand remplacement

Dès le lundi suivant le second tour, l'agitation était palpable aux abords de la mairie. « Lundi à la première heure, des Kandel, des Henry-Jean Servat campaient déjà devant la mairie. Ils étaient là au café et toujours là au déjeuner », raconte un proche collaborateur de Christian Estrosi avec une pointe d'ironie. « Ils ne sont pas allés jusqu'à passer les grilles mais leurs taupes étaient déjà à l'œuvre à l'intérieur. »

Le comportement de certains agents municipaux a intrigué leurs collègues dans les jours qui ont suivi l'élection. « On ne comprenait pas bien ce qu'ils faisaient et pourquoi ils le faisaient », témoigne une fonctionnaire. « Ils filmaient, ils photographiaient un peu tout, les couloirs, la machine à badger, le passage aux rayons X, les bureaux... Comme si les autres leur avaient demandé de prendre les mesures de leur nouvelle maison. »

Les noms disparaissent des portes

Le lundi matin, les membres du cabinet de Christian Estrosi se sont retrouvés à la permanence plutôt qu'à leur bureau habituel, conscients qu'ils ne survivraient pas à l'alternance. Mais ils n'imaginaient pas l'ampleur des changements déjà en cours. Une secrétaire les a informés par téléphone vers 9 heures : « Ils sont en train d'enlever vos noms sur les portes ! »

Un huissier avait entrepris de déboulonner les plaques nominatives à l'entrée des bureaux. Excès de zèle ou consignes données dès le soir du second tour par les nouveaux maîtres des lieux ? La question s'est posée avec plus d'acuité lorsque des adjoints de la majorité défaite ont constaté que l'accès à leur boîte mail avait été désactivé dans la nuit. Un curieux bug informatique qui a également effacé la signature automatique de certains proches du maire sortant, comme un message subtil pour signifier qu'il était temps de partir.

Messages et souvenirs laissés derrière

Un conseiller politique de Christian Estrosi, qui n'avait de toute façon pas l'intention de s'attarder, a laissé son bureau presque vide. Joueur, il a cependant pris soin de laisser quelques messages à l'attention de son successeur : un grand portrait de Christian Estrosi appuyé contre le dossier de son siège, une boîte de vitamine C ostensiblement posée sur le bureau, et cette inscription au feutre bleu sur le tableau blanc : « Essayez de rendre la ville aussi belle qu'on vous la laisse... » Signé de son nom, mais à l'encre verte, clin d'œil à la signature habituelle d'Éric Ciotti.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Christian Estrosi lui-même a commencé à faire ses cartons au lendemain du second tour. La tâche s'annonce considérable compte tenu du nombre de bibelots et de souvenirs accumulés au cours de ses dix-huit années de mandats. « Certaines pièces appartiennent à la collectivité », tempère toutefois une de ses proches collaboratrices.

Les trophées personnels du maire sortant

Parmi les objets emblématiques, l'ancienne moto de course de Christian Estrosi ne fera certainement pas partie des biens laissés à son successeur. « Elle a déjà été déménagée », sourit cette collaboratrice, convaincue qu'il « emportera aussi la guitare que lui avait offerte Bono ». En revanche, elle s'interroge sur le sort réservé à « la mallette » – celle « remplie de faux billets » que Christian Estrosi avait rangée non sans malice au fond de l'un de ses tiroirs.

« Le maire nous avait dit que s'il devait être perquisitionné [ce qui est arrivé], au moins les policiers ne repartiraient pas bredouilles... », confie en riant une des rares personnes dans la confidence. Ce curieux objet pourrait constituer le cadeau de bienvenue que Christian Estrosi réserve à Éric Ciotti ce vendredi, ajoutant une touche de mystère à cette passation de pouvoir déjà riche en rebondissements.