Le gouvernement tente de sauver les ZFE malgré l'opposition parlementaire et populaire
Gouvernement tente de sauver les ZFE malgré l'opposition

Le gouvernement tente de sauver les ZFE malgré l'opposition parlementaire et populaire

Le gouvernement français s'apprête à présenter un amendement controversé ce mardi 14 avril 2026, visant à permettre aux collectivités territoriales de maintenir les zones à faibles émissions (ZFE). Cette initiative intervient alors que le parlement avait précédemment rejeté à quatre reprises cette mesure environnementale contestée.

Un amendement en dernière minute

Dans le cadre du vote final du projet de loi sur la simplification de la vie économique à l'Assemblée nationale, l'exécutif cherche à introduire une disposition autorisant les ZFE pour les collectivités qui souhaiteraient les mettre en place. Cette manœuvre parlementaire intervient après que députés et sénateurs ont successivement rejeté cette mesure en commission, en première lecture à l'Assemblée nationale, au Sénat, et enfin en commission mixte paritaire.

Laurent Jaoul, maire de Saint-Brès dans l'Hérault et cofondateur du mouvement Les Gueux avec l'écrivain Alexandre Jardin, dénonce avec virulence cette tentative gouvernementale. "Cela montre que le gouvernement, en tout cas Emmanuel Macron, a une vraie conviction sur la ZFE, au point de piétiner la voix du peuple", affirme-t-il.

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Une opposition déterminée

Le maire de Saint-Brès, l'un des premiers opposants aux ZFE, ne compte pas baisser la garde. Il sera présent à Paris ce mardi avec Alexandre Jardin et l'association des Gueux pour assister aux débats parlementaires et rappeler aux députés leur opposition répétée à ces zones à faibles émissions.

"Le parlement a tranché, il est temps de l'écouter", insiste Laurent Jaoul, qualifiant la manœuvre gouvernementale de "manque de courage" et de pratique "pas sérieuse". Il déplore particulièrement la stratégie consistant à glisser cet amendement dans un texte plus large contenant des mesures très attendues, ce qui pourrait inciter les députés à voter l'ensemble du projet de loi.

Une mesure devenue impopulaire

Instaurées en 2021 pour interdire l'accès aux véhicules les plus polluants dans les grandes villes et améliorer la qualité de l'air, les ZFE sont devenues profondément impopulaires selon l'élu héraultais. "Cette mesure est tellement injuste, elle apparaît tellement comme un marqueur de ségrégation sociale", explique-t-il.

Laurent Jaoul souligne que même dans les métropoles précédemment volontaristes sur le sujet, comme Lyon où la majorité a basculé, ou Montpellier où le président Michaël Delafosse s'est engagé à ne pas réinstaurer les ZFE, l'opposition est désormais majoritaire. Il constate d'ailleurs que "parmi les maires de la Métropole de Montpellier qui ont été battus, la plupart étaient favorables à la ZFE".

Un combat symbolique

Malgré sa conviction que "cette mesure est pliée" et qu'il n'imagine même pas "le Conseil constitutionnel revenir sur son abrogation", le maire de Saint-Brès continue de se mobiliser. Il a fait voter un vœu contre les ZFE lors du premier conseil municipal de son mandat le 10 avril, un geste politique significatif alors que les élus d'opposition, dont la cheffe de file est proche de Renaissance, ont refusé de prendre part au vote.

"On tient le bon bout, mais cette nouvelle tentative du gouvernement montre qu'il ne faut rien lâcher", conclut Laurent Jaoul, déterminé à défendre jusqu'au bout ce qu'il considère comme une question de principe démocratique face à un exécutif qui, selon lui, "joue la montre" et "renvoie la patate chaude aux communes".

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