Une initiative de gauche excluant La France insoumise
Ce samedi, une vingtaine de personnalités de gauche ont dévoilé leur intention de préparer un projet commun en marge de leurs partis respectifs et sans la participation de La France insoumise. Cette annonce fragilise davantage la perspective d'une primaire à gauche avant l'élection présidentielle de 2027.
Le projet avant la personne
Les signataires, dont Boris Vallaud (député PS des Landes), Raphaël Glucksmann (eurodéputé cofondateur de Place publique), Yannick Jadot (sénateur écologiste de Paris) et Nicolas Mayer-Rossignol (maire PS de Rouen), ont publié une tribune intitulée « Construire 2027 ». Ils défendent l'idée de prioriser le programme politique avant la désignation d'un candidat.
Yannick Jadot a justifié l'exclusion de LFI en déclarant lors d'une visioconférence : « Jean-Luc Mélenchon a une relation trop dégradée à la démocratie, à l'Europe et aux valeurs que nous portons ». Parmi les autres signataires figurent les anciennes ministres PS Laurence Rossignol et Aurélie Filippetti, ainsi que Ronan Dantec, sénateur écologiste de Loire-Atlantique.
Une alternative à la primaire
Cette initiative constitue un défi direct aux dirigeants du Parti socialiste et des Écologistes, qui planifiaient une primaire à l'automne. Boris Vallaud a expliqué : « Quand on critique quelque chose qui nous réserve essentiellement des fractures et des divisions, il est de notre devoir de proposer un autre chemin ».
Raphaël Glucksmann a renchéri : « La situation est trop grave pour qu'on s'adonne à des petits jeux qui nous satisfont nous, mais qui n'intéressent personne ». Les élus engagés dans ce mouvement partagent des réserves, voire une opposition franche, concernant l'organisation d'une primaire.
Quatre piliers fondamentaux
Les participants prévoient d'élaborer leur programme d'ici la fin de l'été, en multipliant les rencontres sur le terrain. Boris Vallaud a promis : « On va s'engager dans un travail exigeant et ancré. Ce sera un travail de fond, pas en éprouvette ».
Le projet s'articule autour de quatre piliers principaux :
- Le social
- L'écologie
- La République
- L'Europe
Les questions du logement, de l'énergie, de l'éducation, de la sécurité et du narcotrafic seront également abordées.
Une vision au-delà de la réaction à l'extrême droite
Yannick Jadot a insisté : « Pour nous, 2027 ne peut pas se résumer simplement à disqualifier le discours de l'extrême droite. Le combat contre le fascisme est absolument fondamental, mais ce n'est pas comme ça que nous allons gagner en 2027 ».
Aurore Lalucq, eurodéputée, a ajouté : « Nous ne voulons pas d'une gauche gadget, mais d'une gauche crédible ». L'objectif est de construire un récit positif plutôt que de se contenter de réagir à la progression du Rassemblement national.
La question épineuse du leadership
Malgré l'accent mis sur le projet, la question de la personne qui incarnera cette initiative reste en suspens. Yannick Jadot a fixé l'horizon à « la fin de l'été » pour clarifier cette dimension, avertissant : « On ne peut pas se retrouver en retard par rapport aux campagnes présidentielles ».
Raphaël Glucksmann a conclu : « Vraiment, si fin octobre la gauche est en train de parler à la gauche, on ne sera pas au pouvoir. Les Françaises et les Français sont moins obsédés par les débats internes de la gauche que par le prix à la pompe ».



