Un contexte européen préoccupant
Alors que le monde semble devenir de plus en plus dangereux, la France apparaît plus que jamais en proie à ses vieux démons : le cynisme et le laisser-aller. Ces tendances se confirment à travers plusieurs événements récents qui dessinent un tableau inquiétant. Certes, notre pays n'est pas le seul à naviguer en eaux troubles sur le Vieux Continent, mais la situation française mérite une analyse approfondie.
Les voisins européens en difficulté
Quand on observe nos voisins, le constat n'est guère plus réjouissant. L'Espagne sombre dans un antisémitisme de plus en plus débridé sous la houlette de son président socialiste Pedro Sanchez. La Belgique semble redevenir, sous couvert d'antifascisme, le royaume de la censure d'État, rappelant certaines périodes sombres de son histoire. Quant au Premier ministre britannique Keir Starmer, il donne l'impression d'être dépassé par les événements, apparaissant parfois comme l'« idiot du village » de la scène politique européenne.
Les spécificités du cas français
Un patriotisme en berne
Si un nouveau Montesquieu écrivait aujourd'hui une version moderne des Lettres persanes, il devrait réviser profondément sa copie concernant la France. La passion des Français pour la gloire et le point d'honneur semble s'être considérablement émoussée. Le patriotisme est moins que jamais à l'ordre du jour, tandis que certaines franges de la gauche comme de la droite nationale affichent un soutien troublant à des régimes autoritaires comme ceux de Vladimir Poutine ou des mollahs iraniens.
Les dérives judiciaires inquiétantes
Un phénomène particulièrement sidérant concerne le révisionnisme judiciaire observé récemment. Des magistrats ont en effet adouci en appel les peines infligées en première instance à plusieurs accusés du procès Samuel Paty. Rappelons que ce professeur d'histoire-géographie a été décapité le 16 octobre 2020 par un islamiste pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves. La cour d'assises spéciale de Paris a notamment abandonné la qualification criminelle qui justifiait initialement des peines plus lourdes pour deux amis de l'assassin djihadiste.
Cette décision soulève des questions fondamentales sur l'engagement des professionnels de justice en faveur de l'école laïque et républicaine. Il serait peut-être nécessaire d'examiner la « traçabilité » syndicale de ceux qui semblent se désintéresser de ces principes fondamentaux.
L'affaire Sarah Halimi : un précédent troublant
Dans le même temps, l'affaire Kobili Traoré continue de hanter la conscience collective. L'assassin de Sarah Halimi, une sexagénaire juive tuée en 2017 après avoir été rouée de coups aux cris d'« Allahou akbar » puis jetée du troisième étage, avait été jugé irresponsable de son crime pourtant clairement antisémite. Placé en unité psychiatrique, il a récemment profité d'une permission de sortie pour commettre, fin janvier, une attaque à main armée avec séquestration et vol en compagnie d'acolytes.
L'antisémitisme : un fléau grandissant
Une montée inquiétante
La France est devenue, avec l'Espagne, l'un des pays les plus antisémites de la vieille Europe. Les législatives de 2024 ont démontré de manière éclatante que l'antisémitisme pouvait être électoralement payant, notamment lorsqu'il s'avance masqué sous des oripeaux antifascistes ou antisionistes. Les scores impressionnants obtenus par certains élus LFI aux positions antijuives marquées en témoignent amplement.
Le jeu dangereux des responsables politiques
Dans ce contexte, certains responsables politiques ne se gênent plus. Jean-Luc Mélenchon, par exemple, joue volontiers sur la prononciation des patronymes juifs, adoptant des postures qui rappellent fâcheusement certains bateleurs d'extrême droite des années 1930. Si des voix s'élèvent contre cette ligne éléfiste, comme celle de l'ancien président François Hollande, leur impact reste pour l'heure limité.
Le Parti socialiste face à ses contradictions
Le Parti socialiste, piloté par une petite clique, se sent aujourd'hui si faible qu'il répugne à rompre définitivement avec La France Insoumise. Cette réticence contraste fortement avec les injonctions passées adressées à la droite concernant ses relations avec le Front national de Jean-Marie Le Pen. On observe ici clairement une application de la maxime « deux poids, deux mesures », qui semble conférer à la gauche un privilège lui évitant de souscrire aux mêmes exigences que la droite.
Un changement de camp symbolique
À la fin du siècle dernier, Philippe Sollers publiait dans Le Monde un article retentissant intitulé « La France moisie », visant principalement la droite nationale et provinciale. Aujourd'hui, cette « France moisie » a changé de camp, s'incarnant désormais dans une partie de la gauche, qu'elle soit extrême ou simplement complice des dérives observées.
Face à ce tableau complexe et préoccupant, les prochains scrutins municipaux prendront une importance particulière. Ils constitueront un test significatif de la capacité des Français à réagir face aux dérives qui menacent les fondements mêmes de la République.



