Fillon met en garde Retailleau sur les pièges politiques avant sa candidature
Bien avant que le patron de LR ne décide de postuler à la magistrature suprême, François Fillon l'avait alerté : gare aux chausse-trappes une fois qu'il serait lancé. À tort ou à raison, l'ex-Premier ministre est persuadé qu'une part de ses ennuis judiciaires en 2017 est née de ses positions jugées trop conservatrices. « Il faudra que Bruno fasse attention à ça », prévenait-il en petit comité.
Une mise en cause inattendue
Jamais, toutefois, Fillon n'aurait pensé qu'on puisse le mettre en cause, lui, en le suspectant de ne pas soutenir celui qu'il présente comme son « frère d'armes » et qu'il aurait nommé à Matignon s'il avait été élu président. Il y a quelques mois, imaginant Bruno Retailleau à l'Élysée, Fillon confiait : « J'ai tellement envie de voir une lumière s'allumer… »
Du reste, les principaux lieutenants retaillistes répliquent aux critiques en exprimant leur satisfaction après l'entrée dans la mêlée de leur champion : l'opportunité de se lancer avant les municipales sans savoir si LR sera en mesure d'afficher des prises de guerre au soir du 22 mars a été perçue favorablement par les troupes.
Subventions controversées à Paris
De 2020 à 2023, plus de 70 subventions ont été accordées à des associations alors que l'administration municipale de Paris avait au préalable, dans une fiche d'évaluation des risques, rendu un avis « défavorable ». Ces avis, délivrés par le Bureau des subventions aux associations, ont été requalifiés en avis « réservé » ou « favorable » sans que le rédacteur qui instruit les demandes et délivre ses conclusions n'ait été informé.
C'est le cas de la demande de subvention du théâtre Sylvia Monfort (près de 1,1 million d'euros), qualifiée de « négative » à cause, notamment, d'un risque de « défaillance à court terme », qui est passé de « défavorable » à « réservé », ou de l'association « H.A.W.A. au féminin » (« défavorable » à « favorable »). Au total, selon Transparence citoyenne, qui a collecté ces fiches consultées par Le Point, près de 14 millions d'euros ont été attribués après ces changements de qualification.
Contacté, l'Hôtel de Ville note que les 71 avis en question proviennent d'un seul agent, plusieurs fois mis en cause par sa hiérarchie. Son taux moyen d'avis « défavorables » est ainsi, selon la mairie, beaucoup plus élevé que celui de ses collègues (85 %, contre 4 %). Le rédacteur, qui accuse la mairie de harcèlement, récuse toutes ces allégations.
Le PS et LFI face aux municipales
À l'approche des municipales, le PS continue d'envisager de « rares » rapprochements avec LFI dans l'entre-deux-tours. En privé, un important cadre PS identifie les trois grandes villes les plus susceptibles d'être concernées : Limoges, Avignon et Toulouse. « Avec LFI à Toulouse, Moudenc, c'est fini ! » renchérit un ex-ministre de François Hollande.
Mais dans la Ville rose, où la très anti-LFI Carole Delga est influente, le candidat PS François Briançon a publié un communiqué dénonçant les « ambiguïtés répétées » de Jean-Luc Mélenchon, précisant que « les conditions d'un accord politique au second tour » ne sont pas réunies… « faute de clarification ». On a vu position plus nette.
Valls et la stratégie politique
Toujours branché sur l'actualité politique, Manuel Valls est « très content » que Pierre-Yves Bournazel, le candidat Horizons à Paris, ait assuré qu'il ne rejoindrait ni Rachida Dati ni Emmanuel Grégoire au second tour des municipales. « Il ira au bout ! » veut croire l'ex-locataire de Matignon.
Autre satisfecit à Xavier Bertrand, avec qui Valls s'entend bien, et dont l'ex-Premier ministre loue la « clarté » sur le rapport au Rassemblement national, à l'heure où, selon lui, « LR risque d'être entraîné » vers le parti de Jordan Bardella. Valls est persuadé que, pour éviter un duel RN-LFI en 2027, centre droit et centre gauche devront se rapprocher.
Les soutiens controversés de Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon en fait l'éloge, même – et peut-être davantage – lorsque le « fidèle » a sérieusement dérapé. L'« antifa » Raphaël Arnault, quoique condamné pour avoir violenté un homme en 2022, est « exemplaire », affirme Jean-Luc Mélenchon. C'est un « bon député », élu « de manière brillantissime », « travailleur ». Le fondateur de la Jeune Garde « nous fait honneur ; le jour où ces événements [le meurtre du jeune Quentin] ont eu lieu, à Lyon, il n'était pas à Lyon ».
Il a fait de Sébastien Delogu son chauffeur marseillais, puis « le député du peuple », qui brandit un drapeau palestinien en plein hémicycle. Le patriarche Insoumis en fait une épopée : « Voici Delogu debout […] ses grands bras qui tiennent ce drapeau au-dessus de la mêlée. Comme un oiseau sorti de cage qui vole au vent libre. Merci Sébastien. » Le député est sanctionné. Pour le chef, « sa punition est une décoration ».
Il a beau avoir giflé sa femme, Mélenchon, seul contre les siens, le défend : Adrien Quatennens est « bon », « juste », « équilibré », « au-dessus de la moyenne », « extraordinairement brillant », « plein de dignité et de courage ». « Vous ne pouvez pas m'interdire de l'aimer »… Las, l'héritier a depuis dû, sous la pression, quitter la vie politique.
Le chiffre de l'Insee
42 % : c'est la part des femmes dans le secteur privé. Selon l'Insee, les femmes occupaient, en 2024 en France, 42 % des emplois du privé. Cette proportion s'élevait à 54 % parmi les salariés percevant autour de 1 430 € net mensuels, à 34 % parmi les 10 % les mieux rémunérés (plus de 4 334 €), et à 24 % parmi les 1 % les mieux payés (plus de 10 261 €).



