Christian Estrosi analyse sa défaite à Nice et projette déjà 2027
Dans une interview exclusive accordée au Point, Christian Estrosi, l'ancien maire de Nice, revient sans détour sur sa défaite au second tour des élections municipales de 2026 face à Éric Ciotti (UDR-RN). Deux jours après cet échec électoral, le désormais ex-premier édile niçois livre une analyse approfondie des raisons de son revers et évoque déjà l'horizon présidentiel de 2027.
Une campagne de dénigrement et des regrets stratégiques
Christian Estrosi assure ne pas avoir « mesuré la portée de la campagne de dénigrement et de mensonges » menée contre lui. « On m'a traîné dans le caniveau », dénonce-t-il, tout en reconnaissant qu'il était « tellement évident pour moi que les Niçois me feraient confiance pour l'avenir ». L'ancien maire regrette aujourd'hui que son bilan seul n'ait pas suffi, soulignant qu'« on sait qu'on ne gagne pas simplement sur un bilan, qu'il faut un projet derrière ». Il soutient être « le seul à développer un vrai projet, il n'y avait pas de programme ailleurs ».
Malgré cette défaite cuisante, Christian Estrosi confie ne pas nourrir « d'amertume ni aucune aigreur », ajoutant philosophiquement que « il y a plus grave dans la vie ». Cette déclaration contraste avec son attitude la veille de l'interview, où il avait fermement rejeté les journalistes de Quotidien après son dîner, au soir de sa défaite.
Critiques acerbes envers la gauche et la droite
L'ancien candidat Horizons pointe du doigt la stratégie qu'il a adoptée pendant la campagne de l'entre-deux-tours, visant à faire barrage au Rassemblement national en cherchant à séduire les électeurs de gauche. Une méthode qui s'est révélée infructueuse, notamment parce que la tête de liste Verts-PS-PCF, Juliette Chesnel-Leroux, s'est maintenue, a refusé toute fusion et a récolté 14,26% des suffrages exprimés.
« J'ai perdu parce que Mme Tondelier et l'écologiste qui conduisait la liste de la gauche unie, Mme Chesnel-Leroux, ont fait le choix de donner Nice au Rassemblement national », fustige Christian Estrosi. « Ma défaite ne tient qu'à ça. Nice est le seul endroit où ils ont eu cette attitude. Partout ailleurs, le front républicain a joué. »
Après la gauche, l'ancien maire se tourne vers la droite et exprime son amertume face au manque de soutien de Bruno Retailleau, président des Républicains. Ce dernier n'avait pas appelé ses partisans à voter pour Christian Estrosi malgré les accords passés entre les deux partis. « J'ai réagi avec mes tripes. Je suis toujours sincère dans mes réponses », avait réaffirmé l'ancien ministre de l'Intérieur sur France 2, faisant référence à cette absence de soutien.
Un retrait politique... relatif
Le soir de sa défaite, Christian Estrosi avait annoncé devant la presse son retrait de la vie publique, déclarant solennellement : « Je ne suis plus un homme politique ce soir ». Cependant, ses propos au Point semblent nuancer ce désengagement apparent. « Je vais mettre à profit cette période de recul pour réfléchir à l'avenir », explique-t-il, laissant ainsi la porte entrouverte à un possible retour.
Plus significativement, l'ancien maire de Nice garde un œil attentif sur l'élection présidentielle de 2027. « Je ne peux pas voir mon pays subir l'année prochaine le même sort que ma ville », affirme-t-il. « Mon expérience de cette élection servira à apporter ma part de réflexion pour empêcher cela au niveau national. »
Christian Estrosi réaffirme par ailleurs sa « loyauté » envers Édouard Philippe, déjà lancé dans la course à l'Élysée. En cas de victoire de ce dernier, il n'exclut pas d'assumer des « responsabilités nationales », laissant ainsi planer la possibilité d'un retour sur la scène politique sous une autre forme.
Cette interview révèle ainsi un Christian Estrosi à la fois meurtri par sa défaite municipale, critique envers ses alliés et adversaires politiques, mais déjà tourné vers les enjeux nationaux à venir, prouvant que son retrait annoncé pourrait n'être que temporaire.



