Un appel à l'unité face aux défis mondiaux
Dans une tribune publiée le 5 mars 2026, Guillaume Duval, coprésident du club Maison commune et ancien rédacteur en chef d'Alternatives économiques, lance un avertissement pressant à la gauche démocratique, sociale et écologique. Il estime que celle-ci doit impérativement éviter de gaspiller son temps et son énergie à répondre aux provocations répétées de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise (LFI).
Le contexte alarmant de montée des extrêmes
Duval souligne un environnement international particulièrement tendu, marqué par plusieurs crises simultanées :
- L'extrême droite, qualifiée de poutino-trumpiste, est aux portes du pouvoir en France et en Europe, avec des conservateurs et élites prêts à lui céder le contrôle.
- Les actions de Donald Trump et Benyamin Netanyahou, engagés dans des conflits illégaux, plongent le monde dans une anomie complète et risquent de dégénérer en guerre généralisée.
- Le changement climatique s'accélère, frappant désormais de plein fouet la France avec des effets dévastateurs, au-delà des régions lointaines.
- La conjoncture économique se dégrade rapidement, avec un recul du pouvoir d'achat, des fermetures d'usines et une remontée du chômage.
Dans ce cadre, la responsabilité de la gauche est immense : elle doit tout faire pour empêcher le Rassemblement national (RN) d'accéder au pouvoir l'an prochain.
La stratégie de division de La France insoumise
Guillaume Duval accuse Jean-Luc Mélenchon et son mouvement d'avoir clairement opté pour la division et l'affrontement avec le reste de la gauche, quitte à la faire perdre. Cette stratégie, ouvertement énoncée avant les élections municipales, vise à approfondir les fractures au sein de la gauche.
Pour y parvenir, Mélenchon n'hésite pas à jouer avec des sous-entendus frisant l'antisémitisme, provoquant ainsi le reste de la gauche dans une logique de terre brûlée qualifiée de suicidaire. Plus largement, la stratégie du bruit et de la fureur poursuivie par LFI depuis des mois contribue à la montée du RN en inquiétant les Français sans leur offrir d'alternative crédible au désastre macroniste.
Ne pas tomber dans le piège des provocations
Duval exhorte la gauche à ne pas se laisser distraire par ces manœuvres. Il rappelle que la victoire de La France insoumise, scotchée à environ 10 % dans les sondages, ne constitue pas la principale menace pour l'avenir du pays. Le danger réel réside dans la victoire possible du RN et de l'ultradroite, bien plus dangereux que l'ultragauche.
Passer ses journées à critiquer Mélenchon et LFI ne permettra pas d'empêcher cette victoire ; au contraire, cela faciliterait la tâche du RN, tout comme le fait Mélenchon de manière irresponsable. Répondre à chaque provocation sur un mode œil pour œil, dent pour dent ne permettra pas non plus de reconquérir le soutien des jeunes et des habitants des quartiers populaires qui ont fait confiance à LFI.
La nécessité d'un programme commun et uni
Au lieu de cela, Guillaume Duval propose de laisser les chiens aboyer dans le vide et de faire avancer la caravane de la gauche démocratique, sociale et écologique. Cela implique :
- Doter la gauche d'un programme commun de gouvernement.
- Mettre en place une structure permanente de coordination.
- Présenter des candidats uniques pour les élections législatives.
- Soutenir une candidature commune pour l'élection présidentielle.
C'est de cette unité et de cette clarté programmatique que le pays, l'Europe, la démocratie et la paix dans le monde ont le plus urgemment besoin, conclut-il.
Cet article est une carte blanche, rédigée par un auteur extérieur au journal et dont le point de vue n'engage pas la rédaction.



