Une victoire écologiste saluée par des larmes de soulagement
« On a gagné, on a gagné ! » À 20h48, ce dimanche soir, les premières estimations d'Ipsos pour France Télévisions, Radio France et Public Sénat/LCP tombent dans le Malting-Pot de Part-Dieu, quartier général lyonnais de l'union de la gauche et des écologistes. L'explosion de joie est immédiate : Grégory Doucet, maire sortant écologiste, est en tête avec 53,1% des voix, devançant nettement Jean-Michel Aulas (46,9%). Les cris, les applaudissements et les embrassades se mêlent aux larmes d'émotion.
« Toute la pression retombe. On est soulagé », confie Murielle, essuyant une larme au coin de l'œil. Cette Lyonnaise avoue qu'elle ne pouvait pas « voir la ville avec un maire comme Aulas ». À ses côtés, Elisabeth, 68 ans, habitante du 3e arrondissement, exulte sans retenue : « Oh je suis si contente ! J'avais un petit doute, mais presque 54%, ce n'est pas rien ! »
Une mobilisation inédite contre la « menace Aulas »
Pour Elisabeth, c'était la première fois qu'elle se mobilisait pour une campagne politique. « Quand j'ai vu qu'il y avait un risque qu'Aulas passe, je me suis dit qu'il fallait que je fasse quelque chose, je ne pouvais pas rester sans rien faire », explique-t-elle. Elle ajoute, préoccupée : « Je ne pouvais pas imaginer une seule seconde Jean-Michel Aulas maire de la ville. Des jeunes m'avaient confié qu'ils déménageraient de Lyon si ça avait été le cas ! »
Dans le bar bondé, les chants de victoire fusent : « Doucet, Doucet, Doucet ! » Les militants entonnent même un « joyeux anniversaire » moqueur à destination de Jean-Michel Aulas, qui célébrait ce dimanche son 77e anniversaire. « Une défaite, c'est un beau cadeau, non ? », lance Madison, 26 ans, militante pour l'union de la gauche, avec un sourire narquois.
La métropole de Lyon bascule à droite, une amère consolation
Mais la joie est ternie par une autre nouvelle : la métropole de Lyon pourrait passer à droite. Le président écologiste sortant Bruno Bernard a annoncé sa défaite face à la candidate Les Républicains Véronique Sarselli, alliée à Jean-Michel Aulas. « Les électeurs ont tranché. Ils ont donné aux listes Grand Cœur Lyonnais une majorité absolue au Conseil de la métropole », a déclaré Bruno Bernard dans un communiqué.
Cette perspective inquiète profondément les militants présents au QG. Perrine, 45 ans, venue avec son compagnon pour « vivre au cœur du réacteur les résultats », craint des blocages politiques : « Il risque d'avoir de gros blocages pour la mise en place de projets ». Madison, qui habite Lyon depuis 2018 et se dit « témoin » des résultats positifs des six ans de mandat de Doucet, confie sa tristesse : « Je suis triste de ce qu'il va se passer ».
Un duel serré jusqu'au bout
L'ambiance était particulièrement tendue dans le bar avant l'annonce des résultats. Ce duel ultra-serré faisait suite à un premier tour où le maire sortant écologiste était arrivé en tête avec seulement 37,4% des suffrages, juste devant le candidat de la droite et du centre (36,8%). Jean-Michel Aulas avait alors promis un « match retour », mais à l'image de l'Olympique lyonnais qu'il a présidé, il encaisse finalement une défaite.
Un sondage OpinionWay publié vendredi donnait pourtant les deux candidats à égalité à 50% d'intentions de vote. Le ralliement de la candidate de La France insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi, arrivée troisième au premier tour avec 10,4% des voix, à la liste de Grégory Doucet via une « fusion technique » pour « contrer la menace Aulas » a sans doute fait basculer l'élection. Jean-Michel Aulas avait dénoncé cet accord comme un « accord de la honte », justifiant ainsi son refus de débattre avec son rival dans l'entre-deux-tours.



