Philippe Dessertine se retire de la course à Bordeaux, laissant Cazenave face à Hurmic
Dessertine se retire, duel Cazenave-Hurmic à Bordeaux

Le retrait surprise de Philippe Dessertine bouleverse la campagne bordelaise

Quelle déflagration dans le paysage politique bordelais ! Mardi 17 mars, dans une salle municipale du quartier de la Benauge, l'économiste Philippe Dessertine, arrivé troisième au premier tour de l'élection municipale avec 20,2% des suffrages, a annoncé son retrait de la course. Assis à une table, l'allocution écrite en main et la voix empreinte d'émotion, le candidat société civile (classé divers centre) a déclaré : « Je dois me rendre à l'évidence : la victoire dimanche prochain n'est pas envisageable. »

Une décision prise après une nuit de réflexion

Le candidat médiatique, habitué des plateaux de l'émission « C dans l'air », a expliqué avoir pris sa décision « à 5 heures du matin » après « une nuit courte ». Dans la salle, des Bordelais qui s'attendaient à un meeting traditionnel, ainsi que de nombreux colistiers et soutiens aux yeux rougis, ont accueilli l'annonce avec des applaudissements mélancoliques. Un soutien a même crié « on a gagné ! on a gagné ! » mais l'enthousiasme n'était plus au rendez-vous.

Philippe Dessertine, qui avait commencé sa campagne en septembre dernier sans aucun ancrage politique local, était devenu l'attraction de cette élection municipale. Son programme articulait :

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  • Un important volet sécuritaire
  • Une orientation pro-innovation marquée
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Le champ libre pour un duel Cazenave-Hurmic

Ce retrait laisse le champ libre pour un duel entre Thomas Cazenave, le député macroniste et candidat de la droite et du centre (25,58% au premier tour), et Pierre Hurmic, le maire sortant écologiste (27,67%). Dessertine a précisé qu'il n'apportait son soutien « à personne » et a balayé les spéculations sur d'éventuelles pressions politiques : « Des pressions, nous en recevons depuis six mois », a-t-il concédé, tout en ajoutant que « le système n'aime pas les candidats hors système ».

Thomas Cazenave a réagi en estimant que « c'est une décision très difficile » et que le retrait de Dessertine « permet à l'alternance de réussir ». Le député macroniste a ajouté que leurs deux projets étaient proches et qu'il avait « cherché le rassemblement jusqu'aux dernières minutes » avec l'économiste.

Les réactions contrastées des autres candidats

Pierre Hurmic, quant à lui, a vu dans ce désistement la conséquence des « pressions, coups bas et attaques subies », dénonçant des « méthodes qui illustrent la violence et la brutalité de Thomas Cazenave et son peu de respect pour la démocratie ». Le maire sortant a déclaré « regretter l'appauvrissement du débat démocratique ».

Dans son discours, Philippe Dessertine a maintenu sa critique du système politique : « Je crois plus que jamais que ce système politique est la cause principale des difficultés que rencontre notre pays. Notre démarche reprendra tout son sens quand les projets reviendront au cœur des débats ».

La déception des soutiens

À la sortie de la salle, l'émotion était palpable parmi les partisans de Dessertine. Françoise, retraitée et mère d'une colistière, a exprimé sa déception : « Il représentait la liberté, la générosité. On anéantit mon espoir. Les textos, les mails, les luttes d'influence, on connaît. C'est un déni de démocratie ! ». Bien qu'elle se dise « de droite », elle a annoncé qu'elle voterait pour Pierre Hurmic au second tour.

L'économiste bordelais, qui enseignait à Paris tout en étant chroniqueur télévisuel jusqu'en septembre dernier, avait réussi à se placer au-dessus des partis traditionnels, recyclant même les approches de Thomas Cazenave en arguments de campagne. La semaine précédant son retrait, il s'agaçait encore des « rumeurs de calculs, de négociations qui salissent la campagne ».

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Malgré son retrait, Philippe Dessertine maintient sa prédiction concernant Thomas Cazenave : « Je le pense toujours », a-t-il répondu à un journaliste qui lui rappelait qu'il avait promis « un plafond de verre » au candidat macroniste. Le second tour s'annonce donc particulièrement serré entre le maire écologiste sortant et le député macroniste, dans une ville où le retrait du troisième homme a radicalement modifié les équilibres politiques.