De l'agression de Blum à la mort de Deranque : la radicalisation franchit un seuil
De Blum à Deranque : la radicalisation franchit un seuil

Un parallèle historique troublant

L'air est lourd, comme dans les années 1930. Le 13 février 1936, à Paris, le député de Narbonne et chef de file des socialistes, Léon Blum, est violemment agressé par un groupuscule de l'Action française. Le rapport médical est sans appel : "Plaies multiples de la face et du cuir chevelu faites par un instrument contendant. Un coup a été porté dans la région temporale gauche, sur le trajet d’un vaisseau sanguin, ce qui a entraîné une hémorragie abondante." Quelques mois avant cette attaque, le même mouvement d'extrême droite écrivait à son sujet : "C’est un homme à fusiller, mais dans le dos." Soigné à temps, le leader de la SFIO remportera les élections législatives trois mois plus tard.

Une tragédie contemporaine

Le jeudi 12 février 2024, Quentin Deranque, un étudiant nationaliste de 23 ans, n'a pas eu cette chance. Victime d'un lynchage en marge d'une conférence à Sciences Po Lyon tenue par l'eurodéputée Rima Hassan (LFI), il succombe à ses blessures. Le diagnostic est implacable : traumatisme crânio-encéphalique majeur et fracture temporale droite. Le procureur précisera que les lésions "étaient au-delà de toutes ressources thérapeutiques et mortelles à brèves échéances".

L'atmosphère de haine qui gangrène le pays

Dans le viseur des médias, le porte-drapeau des Insoumis et ses proches multiplient les provocations pour se défendre, souvent de manière maladroite. Faut-il être aveugle pour ne pas voir cette atmosphère de haine qui a envahi le pays ? Cette fièvre est entretenue sur les réseaux sociaux, les plateaux de télévision, dans les amphithéâtres universitaires, et désormais dans les rues. Avec la mort tragique de Quentin Deranque, la radicalisation politique a franchi un nouveau seuil inquiétant. "Nous n’avons rien à voir avec cette histoire", rétorque pourtant le chef des Insoumis, affirmant avec tranquillité prôner la non-violence.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La responsabilité des dérapages répétés

Sauf qu'en réalité, cette histoire dramatique est aussi la conséquence des innombrables dérapages verbaux et actions des Insoumis. Qui a refusé d'appeler au calme après la mort tragique de Nahel, le 27 juin 2023 ? Jean-Luc Mélenchon. Qui a conceptualisé la stratégie de conflictualisation, déclarant le 30 juin 2024 : "C’est eux ou nous, il n’y a rien au milieu" ? Jean-Luc Mélenchon. Qui a adoubé la candidature de Raphaël Arnault, fondateur et ancien leader du groupuscule la Jeune Garde, fiché S et condamné pour violences volontaires en réunion ? Jean-Luc Mélenchon.

Et que dire de Thomas Portes, élu insoumis, qui s'est affiché sur un tweet en posant le pied sur un ballon de football à l'effigie du ministre du Travail Olivier Dussopt ? Ou de Rima Hassan, qui use et abuse de son statut d'élue pour répandre sa haine contre les sionistes, lançant début février un tweet accusant la liste PS de "promouvoir des discours génocidaires" en raison de la présence du maire Ariel Weil ?

Un précédent historique instructif

Peu après l'agression de Léon Blum en 1936, l'Action française fut déclarée hors-la-loi et dissoute par les autorités. Cette mesure radicale visait à endiguer la violence politique de l'époque. Combien de temps encore les Français vont-ils supporter la hargne d'un septuagénaire dont les coups d'éclat permanents saturent le paysage politique ? La question se pose avec une acuité renouvelée face à la montée des tensions et à la tragédie récente.

Les parallèles historiques ne sont jamais parfaits, mais ils éclairent les dynamiques dangereuses qui peuvent émerger lorsque le discours politique bascule dans la provocation systématique et la diabolisation de l'adversaire. La mort de Quentin Deranque devrait servir d'électrochoc pour rappeler que les mots ont des conséquences, et que la violence verbale peut dégénérer en violence physique avec des issues tragiques.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale