Rachida Dati quitte le ministère de la Culture pour la mairie de Paris : un bilan en demi-teinte
Dati quitte la Culture pour Paris : un bilan mitigé

Rachida Dati quitte le ministère de la Culture pour se lancer dans la bataille parisienne

Le suspense était mince, mais l'annonce est désormais officielle. Pressée depuis plusieurs semaines de quitter ses fonctions, Rachida Dati a confirmé, mercredi 25 février en soirée, avoir remis sa démission de ministre de la Culture au président Emmanuel Macron. Après avoir joué la montre pour prolonger son passage rue de Valois, l'ancienne garde des Sceaux entend désormais se consacrer entièrement à ce qu'elle qualifie de « combat de sa vie » : la campagne pour la mairie de Paris.

Un mandat survécu à quatre Premiers ministres

Nommée en janvier 2024 dans un contexte de surprise générale, Rachida Dati aura réalisé l'exploit de traverser plusieurs remaniements gouvernementaux et de collaborer avec pas moins de quatre Premiers ministres successifs. Cette longévité politique est d'autant plus remarquable qu'elle survient malgré les poursuites judiciaires pour corruption qui la mèneront devant le tribunal cet automne. Une résilience qui témoigne de son ancrage dans le paysage politique français.

« Culture et ruralité » : des ambitions contrariées par les coupes budgétaires

Moins expérimentée dans le domaine culturel que sa prédécesseure Rima Abdul Malak, Rachida Dati s'est imposée par une omniprésence médiatique assumée, adoptant une méthode et un ton hérités de son mentor, Nicolas Sarkozy. Son mandat a été émaillé de nombreuses annonces, souvent freinées par des réductions budgétaires d'une ampleur inédite depuis 2017. Hors secteur audiovisuel, les crédits alloués à la culture ont ainsi fondu de 173,4 millions d'euros cette année, sur une enveloppe globale de 3,7 milliards, avec la perspective d'une nouvelle coupe de 200 millions à venir.

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Dans son communiqué de départ, l'ancienne ministre défend pourtant un bilan axé sur la ruralité et le patrimoine, mettant en avant son plan « Culture et Ruralité » et le label « musée rural ». Des initiatives qui, dans les faits, n'ont jamais vraiment abouti. Sa volonté affichée de démocratisation culturelle a également pâti de la réforme du « pass Culture », dont la part individuelle a été réduite de moitié, voire totalement supprimée pour certaines catégories de la population.

Gestion des crises : des fractures béantes révélées

C'est dans la gestion des situations d'urgence que la méthode Dati a montré ses limites les plus flagrantes. Après le spectaculaire cambriolage du musée du Louvre en octobre 2025, l'institution s'est enfoncée dans une crise de gouvernance profonde. Après avoir soutenu avec ardeur la présidente Laurence des Cars – elle-même démissionnaire et remplacée par Christophe Leribault –, Rachida Dati a fini par reconnaître la légitimité des revendications sécuritaires des agents en grève, sans pour autant prendre de mesures concrètes, laissant le musée en proie à des tensions durables.

La réforme de l'audiovisuel public : un échec retentissant

La réforme de l'audiovisuel public restera sans doute l'échec le plus marquant de son mandat. Porteuse d'un projet de holding baptisée « France Médias », destinée à regrouper France Télévisions, Radio France et l'INA, Rachida Dati a tenté en vain d'imposer ce texte à trois Premiers ministres successifs. Aujourd'hui bloqué au Parlement, ce projet de fusion a suscité la colère des syndicats, qui dénoncent une attaque généralisée contre les médias publics.

Un héritage culturel en demi-teinte

Si l'Élysée salue poliment une « action utile » menée durant deux ans, la postérité culturelle de Rachida Dati risque de se résumer à un tourbillon médiatique qui peine à masquer un bilan globalement décevant. Son passage rue de Valois a été marqué par une détérioration sensible des relations entre le ministère et le monde des arts, laissant un secteur fragilisé par des coupes budgétaires et des réformes inabouties.

Pour lui succéder, le nom de Catherine Pégard, journaliste et présidente du Musée et du domaine de Versailles, circule avec insistance. Une nomination qui, si elle se concrétise, pourrait marquer un tournant dans la politique culturelle française, après un mandat aussi tumultueux que controversé.

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