Keir Starmer en lutte pour préserver l'unité gouvernementale face à la tempête Epstein-Mandelson
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, s'efforce de surmonter une violente tempête politique déclenchée par les répercussions de l'affaire Epstein au Royaume-Uni. En réaffirmant avec force la cohésion de son gouvernement, le chef travailliste tente de contenir les dégâts, mais semble naviguer en eaux troubles depuis plusieurs jours.
Une crise majeure pour le gouvernement arrivé au pouvoir en juillet 2024
La polémique, née des révélations sur les liens entre le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein et Peter Mandelson, représente la pire épreuve traversée par l'exécutif travailliste. Ce dernier avait nommé Mandelson ambassadeur britannique à Washington avant de le limoger au bout de sept mois seulement, créant ainsi un séisme politique durable.
Lors de la réunion hebdomadaire de son cabinet mardi, Keir Starmer a chaleureusement remercié ses ministres pour leur soutien, insistant sur le caractère « fort et uni » de son gouvernement selon le compte-rendu officiel publié par Downing Street. La veille, devant les députés de son parti réunis en réunion de crise, le chef du gouvernement avait catégoriquement exclu toute démission.
Le soutien réaffirmé des ténors travaillistes face aux appels au départ
Plusieurs figures majeures du Labour et du gouvernement se sont mobilisées pour soutenir Starmer, dont son ancienne numéro deux Angela Rayner et son ministre de la Santé Wes Streeting – tous deux régulièrement cités comme potentiels successeurs à Downing Street. Mardi, le Premier ministre a fermement affirmé que son équipe gouvernementale poursuivrait son travail en se concentrant « sans relâche sur les priorités des Britanniques ».
L'affaire Mandelson a déjà conduit au départ de deux proches conseillers du Premier ministre, et d'autres têtes pourraient encore tomber, notamment celle du Cabinet Secretary, le haut fonctionnaire le plus gradé, selon plusieurs médias britanniques. Si les appels au départ de Keir Starmer exprimés ouvertement dans les rangs travaillistes se sont tus mardi, d'autres voix influentes ont renforcé leur soutien, comme celle de la Première ministre galloise Eluned Morgan.
Le maire du Grand Manchester, Andy Burnham – rival potentiel de Starmer – a lui aussi manifesté son soutien et appelé à la « stabilité » au sein du Labour, dans un geste d'apaisement notable.
Une perte de confiance qui persiste malgré les déclarations d'unité
Pour de nombreux observateurs politiques, le mécontentement et l'érosion de la confiance envers Keir Starmer ne s'éteindront pas facilement. Au-delà du scandale Mandelson, le gouvernement fait également face à des critiques sur sa politique générale, compliquant davantage la situation.
Dans un signe d'apaisement, Starmer a réitéré sa confiance envers Anas Sarwar, le chef du Labour en Écosse qui avait pourtant appelé à sa démission lundi. Devant son cabinet, il a affirmé que tout le parti travailliste souhaitait voir Sarwar devenir le prochain Premier ministre écossais après les élections régionales de mai.
La publication imminente de documents sensibles pourrait raviver la crise
La publication prochaine des documents concernant le processus de nomination et de révocation de Peter Mandelson comme ambassadeur risque de relancer les interrogations sur le jugement de Keir Starmer et sur ce qu'il savait des liens de Mandelson avec Jeffrey Epstein avant de le nommer.
« Il faut que la vérité éclate », a déclaré mardi la cheffe de l'opposition conservatrice Kemi Badenoch, dénonçant une « tentative de dissimulation » et jugeant la position de Starmer « intenable ».
Deux échéances électorales cruciales pour l'avenir du Premier ministre
Deux rendez-vous électoraux seront déterminants pour l'avenir politique de Keir Starmer : une élection législative partielle le 26 février dans une circonscription où le Labour est menacé par les Verts et le parti anti-immigration Reform UK, ainsi que des élections locales en mai où les travaillistes arriveront en grande difficulté selon les projections.
Un ministre embarrassé par ses liens passés avec Mandelson
L'ancien ministre Peter Mandelson constitue une source d'embarras pour d'autres personnalités au-delà de Starmer. Wes Streeting a pris l'initiative de rendre publics des échanges qu'il a eus avec Mandelson entre 2024 et 2025. « Je suis embarrassé d'avoir connu Peter Mandelson », a déclaré le ministre de la Santé sur Sky News, tout en démentant avoir été un ami intime et en assurant n'avoir « rien à cacher ».
Cette démarche n'a pas été appréciée par les autorités policières, qui ont ouvert le 3 février une enquête visant Peter Mandelson. Ce dernier est soupçonné d'avoir transmis des informations financières sensibles à Jeffrey Epstein lorsqu'il était membre du gouvernement de Gordon Brown (2008-2010).
« Il est essentiel de respecter la procédure afin de ne pas compromettre notre enquête pénale et toute poursuite éventuelle », a indiqué la police de Londres dans un communiqué, ajoutant qu'« il revient au gouvernement et au Parlement de décider quels documents doivent être publiés ».



