Un médecin bordelais s'insurge contre la politisation de la santé
Le Dr Christophe Adam, colistier de Thomas Cazenave pour les élections municipales à Bordeaux, exprime son agacement face à la récente tribune de médecins bordelais en faveur du maire écologiste sortant, Pierre Hurmic. Âgé de 58 ans, ce professeur à l'Université de Bordeaux et expert en gériatrie dénonce vigoureusement ce qu'il perçoit comme une instrumentalisation politique d'un sujet fondamentalement transpartisan.
Un consensus détourné à des fins électorales
« Mais nous sommes tous d'accord avec ça ! » s'exclame le Dr Adam, faisant référence aux mesures environnementales vantées par les signataires de la tribune. La végétalisation de l'espace public, la réduction du trafic automobile ou l'introduction de produits bio dans les cantines scolaires font, selon lui, l'objet d'un consensus global au sein de la classe politique. « La végétalisation, la dépollution de l'air, la lutte contre la sédentarité, le sport… Il y a un consensus global autour de ça », insiste-t-il.
Le médecin, connu pour son engagement contre les inégalités sociales de santé, souligne que le véritable enjeu réside non pas dans les grandes idées, mais dans leur mise en œuvre opérationnelle. « On a tous les mêmes données, on sait que la santé doit traverser l'ensemble des politiques publiques », affirme-t-il, tout en pointant du doigt un texte qui lui apparaît davantage comme un « plaidoyer de santé publique » que comme un soutien politique légitime.
La question cruciale de l'organisation municipale
Christophe Adam met en balance les déclarations d'intention et la réalité du terrain. « La question, c'est comment on s'organise ? » interroge-t-il, évoquant des problématiques concrètes comme la lutte contre les moustiques-tigres ou la prolifération des rats. Il critique vertement le mandat écologiste sortant, qu'il estime avoir « manqué d'impulsion » sur les questions de santé publique.
Le médecin invite plutôt les électeurs à se tourner vers une équipe municipale intégrant des professionnels de santé expérimentés. Sa liste, qui comprend notamment Chantal Bergey, cheffe de service des urgences psychiatriques, et la médecin anesthésiste Karine Nubret, propose une vision globale de « la ville soin ». Cette approche inclut des engagements précis autour de la santé mentale, déclarée « priorité », et de la santé physique, avec par exemple des séances de sport encadrées et gratuites en plein air le dimanche.
Une polémique qui dépasse les clivages politiques
La tribune des médecins bordelais n'a pas seulement irrité le camp de Thomas Cazenave. Le professeur François-Xavier Mahon, ancien directeur général de Bergonié et candidat sur la liste de Philippe Dessertine, a également exprimé son indignation. Lui aussi défend une « vision moderne et déconcentrée de la santé », démontrant ainsi que le débat transcende les simples oppositions partisanes.
Christophe Adam, qui se présente « en tant que citoyen non encarté », questionne enfin la représentativité médicale sur la liste adverse, semblant oublier la présence de Michel Laforcade, ancien directeur de l'ARS. Cet échange vif illustre l'intensité des débats qui animent la campagne municipale bordelaise, où la santé publique est devenue un enjeu électoral majeur, mais aussi un terrain de controverses et de récupérations politiques.



