À moins de trois ans de l'échéance présidentielle de 2027, le centre et la droite semblent s'employer avec une constance désarmante à ruiner leurs propres chances. L'éditorial du Point dresse un constat sévère : divisions internes, absence de leader clair, et stratégies électorales contre-productives fragilisent un camp qui, pourtant, dispose d'un réservoir de voix non négligeable.
Un paysage politique fragmenté
La droite républicaine, historiquement représentée par Les Républicains (LR), peine à se relever de l'échec de 2022. Le parti est tiraillé entre une ligne dure incarnée par Éric Ciotti et des modérés tentés par un rapprochement avec le camp macroniste. Selon un sondage Elabe de février 2024, LR recueillerait à peine 9 % des intentions de vote, loin derrière le Rassemblement national (30 %) et la majorité présidentielle (25 %).
Le centre, de son côté, n'est pas en reste. La macronie, affaiblie par la perte de la majorité absolue à l'Assemblée nationale en 2022, cherche un nouveau souffle. Mais les querelles internes entre les différents courants (Renaissance, MoDem, Horizons) compliquent l'émergence d'une candidature unique. Édouard Philippe, souvent cité comme favori, n'a pas encore officialisé ses ambitions, tandis que Gabriel Attal tente de s'imposer comme le visage de la majorité.
Des stratégies contre-productives
L'éditorial pointe plusieurs erreurs stratégiques. D'abord, l'absence de projet fédérateur. « La droite et le centre passent leur temps à se regarder le nombril au lieu de construire une alternative crédible au duel annoncé RN-LFI », écrit le journaliste. Ensuite, la tentation de l'alliance avec l'extrême droite, évoquée par certains cadres LR, qui risque de braquer les électeurs modérés.
Un autre écueil est la gestion des figures politiques. Nicolas Sarkozy, qui conserve une influence dans les rangs de la droite, a récemment appelé à une « union des droites », mais cette proposition divise. De son côté, François Bayrou, président du MoDem, prône une « coalition centrale » qui peine à convaincre au-delà de son propre parti.
L'impact sur l'électorat
Ces divisions ont un coût électoral direct. Selon une enquête Ipsos de mars 2024, 42 % des électeurs de droite et du centre estiment qu'aucun parti ne représente leurs valeurs. Ce vide profite au RN, qui capte une partie de cet électorat déçu. Marine Le Pen, créditée de 32 % des intentions de vote au premier tour, apparaît comme la principale bénéficiaire de ces errements.
L'éditorial conclut que, sans sursaut d'ici 2027, le centre et la droite pourraient bien assister, impuissants, à une nouvelle défaite, laissant le champ libre à l'extrême droite ou à une gauche radicalisée. « Ils ont encore le temps de corriger le tir, mais il faut qu'ils arrêtent de creuser leur propre tombe », avertit le journaliste.



