Thomas Cazenave s'impose à Bordeaux avec 50,95% et vise la présidence de la Métropole
Cazenave élu maire de Bordeaux avec 50,95% des voix

Thomas Cazenave s'empare de Bordeaux avec 50,95% des suffrages

Fort de 50,95% des voix, le député Renaissance Thomas Cazenave a remporté la mairie de Bordeaux face au maire sortant écologiste Pierre Hurmic, crédité de 49,05%. À 47 ans, le candidat de la droite et du centre, soutenu par une dizaine de partis allant du Modem aux Républicains, assoit son ancrage dans la ville et s'impose comme le nouvel homme fort de la Bordeaux Métropole, dont il devrait obtenir la présidence prochainement.

Une épopée politique marquée par de nombreux obstacles

« Quelle épopée ! », répondait Thomas Cazenave entre les deux tours, évoquant les nombreux obstacles franchis depuis son entrée en campagne au printemps 2025. Le député offre ainsi un démenti cinglant à l'adage caustique de son adversaire Pierre Hurmic, qui avait été le troisième homme malheureux en 2020 avec seulement 12,69% des voix.

Né en mars 1978 à Bordeaux, Thomas Cazenave a grandi à la Bastide avant d'enchaîner un parcours académique prestigieux : Deug d'économie-gestion à Bordeaux IV, Normale Sup, Sciences Po Paris et enfin l'ENA (promotion « République » en 2007). C'est à l'inspection générale des finances qu'il rencontre Emmanuel Macron, avec qui il travaillera pour la commission Attali sur la libération de la croissance sous la présidence Sarkozy.

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Un parcours gouvernemental au service de l'État

Thomas Cazenave a occupé plusieurs postes clés : directeur général adjoint de Pôle emploi (2012-2015), directeur de cabinet adjoint d'Emmanuel Macron à Bercy, puis secrétaire général adjoint de l'Élysée sous François Hollande en 2017. C'est dans ce dernier rôle qu'il négociera avec la SNCF l'achat de rames de TGV pour sauver les 450 emplois de l'usine Alstom de Belfort.

Après la victoire de Macron en 2017, il devient délégué interministériel à la réforme de l'État auprès du Premier ministre Édouard Philippe, puis ministre délégué chargé des Comptes publics sous les gouvernements Borne et Attal (2023-2024). En juillet 2021, il cofonde à Bordeaux l'École de la rénovation énergétique et publie à la rentrée 2025 un essai politique intitulé « Péril sur la démocratie, Refonder l'État ».

Un ancrage territorial progressif et déterminé

Entre-temps, Thomas Cazenave s'est réinstallé à Bordeaux avec les municipales en ligne de mire, remportant deux législatives successives. Comme député, il est l'auteur d'une proposition de loi votée à l'unanimité permettant aux collectivités de financer rapidement les travaux énergétiques des bâtiments publics. Comme ministre, il crée un Office national antifraude pour récupérer un manque à gagner estimé à 100 milliards d'euros.

Sa directrice de campagne Alexandra Siarri, ex-élue sous Juppé, souligne son travail de terrain : « 16 réunions de quartier et 4 000 personnes rencontrées », avec un quadrillage personnel de « trois quarts de la ville en porte à porte ». Depuis la mort de Nicolas Florian en janvier 2025, il a réuni tout le camp de la droite et du centre, y compris la sénatrice Nathalie Delattre avec qui il se disputait le leadership.

Une campagne électorale mouvementée

La campagne a été marquée par la montée en puissance de l'économiste Philippe Dessertine, candidat sans étiquette qui a électrisé la dernière ligne droite avec un meeting devant plus de 1 100 personnes au Femina début février. Au premier tour, Pierre Hurmic arrive en tête (27,68%), suivi de Thomas Cazenave (25,58%) et Philippe Dessertine (20,20%).

Le coup de théâtre survient le mardi 17 mars lorsque Philippe Dessertine annonce son retrait sans contrepartie, laissant le champ libre à Thomas Cazenave. « Des pressions, nous en recevons depuis six mois », reconnaît-il, tout en affirmant que « le système n'aime pas les candidats hors système ». Pierre Hurmic ne peut alors compter que sur les 9,36% du candidat LFI Nordine Raymond, qui annonce finalement voter pour le maire sortant.

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L'analyse de la typologie des votes Dessertine, qui réalisait ses meilleurs scores dans les quartiers aisés, laissait présager une victoire de Thomas Cazenave. « L'épopée » s'est donc achevée dimanche soir par la conquête de la mairie de Bordeaux, tremplin potentiel vers de plus hautes ambitions politiques.