François de Canson, successeur désigné de Renaud Muselier à la tête de la Région Sud ?
Avec le départ imminent de Renaud Muselier, qui vise un siège de sénateur pour retourner à Paris et influencer la prochaine présidentielle, le maire de La Londe François de Canson émerge comme son successeur naturel à la présidence de la Région Sud. En tant que 3ᵉ vice-président de la Région, chargé du développement économique, de l’attractivité, du tourisme et de la prévention des risques majeurs, Canson a déjà commencé à sonder ses alliés, leur confiant que Muselier pourrait renoncer à son poste s’il est élu sénateur, ouvrant la voie à sa propre succession.
Un plan stratégique en cours de concrétisation
Renaud Muselier, président actuel de la Région Sud, cite régulièrement le nom de François de Canson dans ses discours, le considérant comme son dauphin. « Sans l’ombre d’une hésitation », affirme un cadre de la Région. Bien que Muselier n’ait pas officiellement nommé Canson dans un communiqué récent, il a mis en avant ses « qualités pour représenter la projection de la Région dans l’avenir » dans une interview au Figaro. Cette succession devrait être discutée lors de la réunion de la majorité régionale ce jeudi, précédant l’assemblée plénière de vendredi.
Selon des participants, Muselier, « en fin stratège », souhaite retourner à Paris pour peser sur la présidentielle et alléger ses responsabilités, notamment sur le dossier complexe des Jeux Olympiques d’hiver 2030. François de Canson, récemment décoré de la médaille de chevalier de la Légion d’honneur, prépare activement sa campagne, listant ses soutiens et rappelant ses précédents échecs politiques, comme celui face à Jean-Louis Masson pour la tête du Département.
Un rassembleur face aux défis politiques
Les soutiens de Canson le décrivent comme un « chef, un rassembleur » capable de maintenir l’unité du groupe régional. « Il n’est pas du genre à avoir la grosse tête », note un élu de la majorité. Son expérience en tant que président du comité régional du tourisme (CRT) et sa connaissance des rouages institutionnels sont perçues comme des atouts majeurs. « Il saura faire attention aux équilibres politiques et géographiques. Ça sera le président de toute la région, pas que du Var », souligne son entourage.
Cependant, l’opposition, notamment du Rassemblement national, se montre critique. Laure Lavalette, députée et conseillère régionale démissionnaire, a ironisé sur X en évoquant Canson, tandis que d’autres élus d’extrême droite pointent des allégations de pressions et d’intimidations lors des dernières municipales à La Londe. Malgré cela, Canson bénéficie du soutien d’Emmanuel Macron, qu’il rencontre régulièrement au Fort de Brégançon, et est perçu comme un interlocuteur loyal et travailleur.
Les enjeux d’une transition délicate
La succession de Muselier intervient dans un contexte politique tendu, avec des rivalités latentes, notamment avec Christian Estrosi, ancien maire de Nice, qui n’est plus considéré comme un favori. Muselier a poliment écarté Estrosi, affirmant que la Région doit se concentrer sur le service aux citoyens plutôt que sur des enjeux nationaux. Les prochaines semaines seront cruciales pour confirmer ou infirmer la position de Canson, alors que les sénatoriales approchent et que les manœuvres s’intensifient.
En résumé, François de Canson se profile comme le successeur légitime de Renaud Muselier à la Région Sud, mais sa route reste semée d’embûches politiques et de défis, notamment la gestion des Jeux Olympiques d’hiver 2030 et l’unité d’une majorité fragmentée.



