Le candidat des Républicains affûte son projet pour 2027 en marge des débats sur la primaire
Déclaré candidat à l'élection présidentielle de 2027, le président des Républicains poursuit la maturation de son projet politique sans se préoccuper d'une éventuelle primaire, tout en maintenant une distance stratégique avec ses rivaux. Dans une interview exclusive, il expose sa vision pour redresser la France, qu'il juge en déclin profond.
« J'aime la France » : un constat sévère sur l'état du pays
« Je ne supporte plus de la voir dégringoler avec une dette faramineuse. Je ne supporte plus de voir les Français s'appauvrir », déclare-t-il avec conviction. Il souligne qu'un quart des Français voient leur compte bancaire dans le rouge dès le 16 de chaque mois, une situation qu'il qualifie d'intolérable. Pour lui, la génération actuelle a la responsabilité historique de redresser le pays.
La rupture en trois piliers : travail, régalien et fierté française
Le candidat défend un projet de « rupture », un terme qu'il reconnaît avoir été maintes fois utilisé, mais qu'il entend redéfinir concrètement. « L'élection de 2027 ne ressemblera à aucune autre. La France a rendez-vous avec son destin », affirme-t-il, pointant du doigt ce qu'il considère comme le bilan désastreux d'Emmanuel Macron et la montée des extrêmes.
Sa rupture repose sur trois piliers fondamentaux :
- Faire en sorte que le travail paye plus que l'assistanat. Il propose un système avec un seuil au-delà duquel les cotisations sociales seraient nulles pour salariés et patrons, offrant selon lui un 13e ou 14e mois aux employés et 35% de compétitivité aux entreprises. Il envisage également de plafonner les aides sociales à 70% du SMIC.
- Renforcer le régalien en reprenant le contrôle de l'immigration et en durcissant la politique pénale. Pour cela, il prévoit de modifier la Constitution pour permettre aux Français de voter sur les politiques migratoire et sécuritaire.
- Restaurer la fierté française par la transmission de l'identité nationale et une rénovation en profondeur du système scolaire.
La question épineuse de la primaire et des alliances
Avant d'incarner ce projet, le candidat devra être investi par son parti. Les militants auront le choix entre trois options : une primaire fermée, une primaire ouverte aux sympathisants, ou sa désignation directe. « Je veux un recours plus fréquent au référendum et ce que je veux pour le pays, je le veux pour notre parti », explique-t-il, appelant les militants à trancher démocratiquement.
Il répond aux critiques, comme celles du maire de Cannes David Lisnard qui a dénoncé un choix « truqué », en soulignant que la décision a été prise à la quasi-unanimité. « Pourquoi avoir peur du vote des militants ? Si on veut rassembler les Français, il faut d'abord rassembler nos adhérents », rétorque-t-il.
Pas d'alliance avec le macronisme : « Tout ce qui y ressemblera sera voué à l'échec »
Le candidat exclut catégoriquement toute alliance avec des figures associées au macronisme, comme Édouard Philippe. « Le rejet d'Emmanuel Macron est très puissant. Tout ce qui ressemblera au macronisme sera voué à l'échec », assène-t-il. Il se défend d'être lui-même associé à ce bilan, rappelant qu'il a été ministre de l'Intérieur durant une cohabitation et qu'il est sorti du gouvernement en raison de désaccords politiques.
Sur la question des alliances à gauche, il fustige les accords entre la gauche et La France Insoumise, qu'il qualifie d'« accords de la honte », accusant LFI d'encourager l'antisémitisme et la violence.
Maintenir la ligne républicaine face aux dérives
Interrogé sur des cas de violence au sein des Républicains, comme celui d'Yves Foulon, maire d'Arcachon, qui a insulté et menacé son opposant, le candidat reconnaît que ses propos ne sont pas acceptables. Il précise avoir demandé des excuses, mais maintient que l'élu fait toujours partie du parti, soulignant le contexte de l'affaire.
En conclusion, le candidat des Républicains affirme sa volonté de « trancher dans le dur » pour mobiliser les Français de droite, du centre et les abstentionnistes, tout en évitant ce qu'il appelle la « synthèse molle ». Sa campagne s'annonce comme un combat pour une rupture profonde avec les politiques actuelles, dans un contexte où les débats internes sur la primaire et les alliances restent vifs.



