Cagnes-sur-Mer : tensions entre le maire RN et l'opposition sur la gouvernance municipale
À Cagnes-sur-Mer, le maire Rassemblement national (RN) Bryan Masson affirme exercer un pouvoir direct par souci d'efficacité, une approche qui suscite des critiques acerbes de la part des groupes minoritaires au conseil municipal. Ces derniers dénoncent une sous-représentation dans les commissions stratégiques et un manque flagrant de transparence dans les processus décisionnels.
Un conseil municipal cordial en surface, mais des doléances amères en coulisses
Lors du premier conseil municipal tenu jeudi 2 avril, les échanges entre la nouvelle majorité RN et les trois groupes minoritaires ont été marqués par une politesse de façade. Cependant, une fois la séance officielle achevée, les opposants ont laissé éclater leur frustration. Lionel Dolciani, membre de l'équipe soutenue par l'ancien maire Louis Nègre (Les Républicains), battu au premier tour en mars, souligne un déséquilibre criant : « Nous avons réalisé 33 % des voix. Dans un comité de douze membres, nous devrions obtenir quatre places au lieu de deux. Nous sommes clairement sous-représentés. »
La mairie, de son côté, justifie cette répartition par une application stricte de la proportionnelle basée sur le nombre d'élus par groupe, reflétant ainsi le rapport de force réel au sein de l'assemblée. Bryan Masson rappelle que « la loi le permet » et insiste sur le fait que les grandes décisions sont prises en conseil municipal, devant les citoyens de Cagnes-sur-Mer.
Des commissions stratégiques supprimées, une opacité dénoncée
Les opposants pointent du doigt la suppression de plusieurs commissions clés, telles que celles dédiées aux permis de construire, aux achats municipaux et à la répartition des logements sociaux. Cédric Garoyan, de l'Union citoyenne des gauches et de l'écologie, s'alarme : « Avec ses adjoints, le maire prendra seul des décisions qui engagent pourtant l'avenir de la commune. Les signatures se feront à huis clos. C'est l'opacité totale. »
Philippe Touzeau-Menonni, conseiller divers centre, reconnaît que le dialogue est possible avec la nouvelle équipe, contrairement à l'ère précédente où les questions restaient souvent sans réponse. Néanmoins, il exprime des réserves sur la disparition de ces instances, estimant que la transparence pourrait être améliorée.
Bryan Masson défend sa vision d'une gouvernance efficace et directe
Le maire RN balaye ces critiques, les qualifiant de « postures ». Il argue que lors de la mandature précédente, le taux d'absentéisme dans ces commissions atteignait 60 %, rendant leur utilité discutable. « J'ai été opposant moi-même, je sais que le travail n'est pas constructif dans ces réunions. L'opposition garde ses billes pour le conseil municipal, où les projets seront vraiment débattus », explique-t-il.
Bryan Masson remet en cause la notion même de contre-pouvoir dans le contexte actuel, soulignant les contraintes imposées par le Plan local d'urbanisme métropolitain, la préfecture et les bailleurs sociaux. « Rien ne se fait sans procédure. Ces commissions sont donc des doublons, des lourdeurs administratives », assène-t-il, ajoutant avec une pointe d'ironie : « S'ils ont une crise de réunionite, ça n'est pas mon cas. J'ai le souci de l'efficacité. »
Cette défense d'un pouvoir en ligne directe, bien que légale, continue de nourrir les tensions au sein de la vie politique cagnoise, laissant planer un doute sur l'équilibre démocratique dans la gestion des affaires municipales.



