Bruno Retailleau peine à décoller malgré sa candidature précoce à la présidentielle
Bruno Retailleau peine à décoller pour la présidentielle

Bruno Retailleau en quête d'élan pour la présidentielle

Malgré une candidature précoce à l'élection présidentielle, Bruno Retailleau peine manifestement à trouver son élan. Le président des Républicains doit faire face à des critiques tant internes qu'externes à son parti, dans un contexte politique particulièrement tendu.

Une annonce qui peine à faire vibrer

Deux semaines après l'annonce inattendue de sa candidature à la présidentielle, survenue en pleine campagne pour les municipales, Bruno Retailleau semble « patiner » dans sa recherche d'une dynamique positive. Privé de la tribune ministérielle dont il bénéficiait avant sa sortie du gouvernement en octobre dernier, l'ancien ministre de l'Intérieur multiplie pourtant les déplacements et dévoile progressivement son programme.

Des propositions chocs, comme la refonte quasi complète du Code du travail, qui auraient normalement alimenté les débats dans le cadre d'une présidentielle, peinent à trouver un écho significatif avant les élections municipales des 15 et 22 mars. « Oui, ça patine, mais c'est le cas pour tout le monde », admet un sénateur qui ne voit aucune personnalité émerger clairement dans le bloc central pour l'instant.

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Des soutiens qui se font attendre

Cette entrée en campagne sans éclat du Vendéen est ouvertement dénigrée par ses rivaux politiques. Marine Le Pen l'a ainsi réduite à « un cheveu sur la soupe », illustrant le scepticisme ambiant. Au sein même de son parti, l'enthousiasme n'est pas au rendez-vous : en dehors de ses proches collaborateurs, aucun ténor des Républicains n'est monté au créneau pour lui apporter un soutien public.

« Il n'apparaît pas comme un candidat naturel de la droite mais comme un candidat de plus », déplore une source parlementaire LR. Xavier Bertrand, qui vise également la présidentielle, s'est interrogé publiquement sur le timing de cette candidature, ajoutant aux critiques.

Une stratégie assumée malgré les obstacles

Bruno Retailleau balaie ces critiques d'un revers de main, rappelant notamment que Xavier Bertrand avait lui-même lancé sa candidature il y a déjà deux ans. « Dans sa tête, ce n'est pas qu'un tour de chauffe », assure une source sénatoriale, insistant sur la détermination du candidat à aller jusqu'au bout du processus.

Le patron de LR affirme publiquement sa conviction : « Je veux vous dire que s'il y avait un doute avant ma décision, depuis que je l'ai prise, il n'y en a plus ». Il se base sur les retours des adhérents qui attendaient, selon lui, « une clarification » de sa part.

Un timing soigneusement calculé

Contrairement aux conseils de certains proches qui lui suggéraient de lancer sa candidature après les municipales, Bruno Retailleau a choisi de se déclarer au lendemain du procès en appel de Marine Le Pen. Ce timing stratégique coïncide également avec le moment où Édouard Philippe, un rival potentiel pour 2027, est occupé par les municipales dans sa ville du Havre.

Ses proches voient dans ce calendrier un choix judicieux, conforté par des sondages défavorables à l'ancien Premier ministre dans son propre fief. « Ce sondage nous donne raison sur le moment de la déclaration », justifie une source du parti.

Des divisions internes persistantes

L'entrée en lice de Bruno Retailleau n'a malheureusement pas mis un terme aux divisions qui minent Les Républicains. Ces dernières vingt-quatre heures en ont fourni une illustration criante : le député Jean-Didier Berger a rejoint le gouvernement de Sébastien Lecornu, bravant les consignes du parti qui l'a aussitôt suspendu, comme les cinq autres membres LR de l'exécutif.

Parallèlement, à Nice, le président du département Charles Ange Ginésy s'est mis « en congé » de LR après avoir apporté son soutien à Éric Ciotti. L'ancien président du parti brigue la mairie avec le soutien controversé du Rassemblement National, ajoutant une nouvelle fracture au sein de la droite.

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Face à Laurent Wauquiez qui plaide pour une primaire ouverte, Bruno Retailleau assure qu'il portera sa candidature « jusqu'au bout, quelles que soient les configurations ». Cette détermination inflexible bouscule le calendrier du groupe de travail présidé par Gérard Larcher, qui a dû repousser d'un mois la publication de sa feuille de route pour la désignation du candidat LR.