Pierre-Yves Bournazel lance un plan de choc pour assainir les finances parisiennes
Pierre-Yves Bournazel, candidat à la Mairie de Paris, brandit la tronçonneuse des économies. Dans un entretien exclusif, l'élu d'opposition depuis dix-huit ans dévoile une thérapie de choc pour la capitale : économies massives et débureaucratisation radicale. Soutenu par Édouard Philippe et Gabriel Attal, ce quadragénaire positionné troisième dans les sondages promet un « changement de cap » total, plaçant sa campagne sous les auspices de la bonne gestion et de la probité.
Paris au bord de la faillite selon le candidat
« Paris est au bord de la faillite », assène Pierre-Yves Bournazel. Il dénonce une municipalité sortante qui a surendetté les Parisiens, privant la ville de marges de manœuvre et d'investissements pour la qualité de vie. La dette parisienne atteindrait désormais 5 000 euros par habitant, soit trois fois plus qu'à Lyon ou Marseille. « Une ville surendettée, c'est une ville qui se prive de marges de manœuvre, qui ne peut plus investir pour la qualité de vie de ses habitants. C'est pour cela que tout se dégrade », explique-t-il.
Le candidat impute cette situation à la majorité sortante, pointant du doigt un train de vie disproportionné de l'Hôtel de Ville, une bureaucratie pesante et un absentéisme important. Il révèle que les 35 heures ne seraient pas appliquées pour deux tiers des agents municipaux. « Cette mairie n'est pas tenue », lance-t-il, promettant d'être le maire qui rétablira les comptes.
Un plan d'économies de 4 milliards d'euros
Pierre-Yves Bournazel chiffre son plan d'économies à 4 milliards d'euros sur la prochaine mandature. Dès avril 2026, il commanderait un audit indépendant sur la situation budgétaire, tout en sachant déjà qu'il faudra gérer une ardoise de 10 milliards d'euros de dette.
Son programme repose sur plusieurs piliers :
- Réduction drastique du train de vie municipal : fin des privilèges (coiffeurs, vêtements payés par le contribuable), contrôle strict des frais de repas, suppression des frais de représentation, voitures avec chauffeur, logements de fonction, jetons de présence et retraite additionnelle pour les élus. Objectif : 400 millions d'euros d'économies.
- Débureaucratisation et recours au privé : externalisation de la collecte des déchets et du nettoiement des rues, estimée plus efficace et moins coûteuse. Objectif : 740 millions d'euros d'économies.
- Arrêt de la politique de préemption de logements (sauf immeubles insalubres et commerces vacants) pour lutter contre l'inflation immobilière. Objectif : 2 milliards d'euros d'économies.
« Je diviserai par deux la dette des Parisiens. À la fin de mon mandat, Paris sera devenue autonome financièrement », assure-t-il, promettant zéro hausse d'impôts.
Réforme en profondeur de l'administration parisienne
Face à ce qu'il qualifie d'« armée mexicaine », Pierre-Yves Bournazel annonce des mesures chocs pour rationaliser l'administration :
- Division par deux du nombre d'adjoints au maire (32 actuellement contre 9 à Londres ou New York) et des collaborateurs de cabinet (350 actuellement).
- Non-remplacement d'un fonctionnaire sur trois partant à la retraite, permettant de baisser les effectifs et d'économiser 315 millions d'euros.
- Lutte contre l'absentéisme avec un plan pour la qualité de vie au travail et le recours à l'intelligence artificielle pour 190 millions d'euros d'économies.
- Application stricte des 35 heures pour tous les agents.
« Si je suis élu maire de Paris, je peux vous dire que ça va déménager ! », prévient-il, promettant d'instaurer une culture de l'évaluation et de la performance au cœur du service public.
Vente de foncier et révision des subventions
Le candidat propose également la vente des 20 000 logements détenus par les bailleurs sociaux parisiens situés en dehors de Paris, ce qui pourrait rapporter 3 milliards d'euros. La moitié servirait à désendetter la ville, l'autre à rénover le parc social existant, qu'il juge « indigne d'une capitale comme Paris ».
Concernant les subventions, Pierre-Yves Bournazel promet d'auditer les 100 plus grosses associations financées chaque année et de réduire les subventions de 350 millions d'euros sur la mandature. « L'argent public ne peut pas être automatique », justifie-t-il.
Critiques acerbes envers ses adversaires
Le candidat ne mâche pas ses mots face à ses concurrents. Sur Rachida Dati, qui propose 1 milliard d'euros d'économies : « C'est trop peu et cela ne suffira pas à désendetter Paris ! ». Il ajoute : « Vous pouvez faire le buzz en une minute sur les réseaux sociaux. Mais il faut des années de travail de fond et une équipe solide pour construire une vision, un projet et des solutions ».
Concernant Emmanuel Grégoire, l'ancien adjoint d'Anne Hidalgo : « Pourquoi réussirait-il en six ans ce que les socialistes ont échoué en vingt-cinq ans ? Leur seul projet, c'est de garder le pouvoir. Au lieu de présenter sa candidature aux Parisiens, M. Grégoire aurait dû leur présenter ses excuses ».
Pierre-Yves Bournazel se présente comme la troisième voie entre « l'échec socialiste et le retour en arrière ultra-sarkozyste ». « Les Parisiens ne sont pas condamnés à choisir entre ces deux options », affirme-t-il, promettant d'incarner un changement positif pour une capitale qu'il juge aujourd'hui « sale, chère, mal gérée, saturée, et où prospère l'insécurité ».



