Le gouvernement dévoilera sous peu des mesures de soutien pour les professionnels exposés à la flambée des carburants
Le gouvernement français s'apprête à annoncer dans les tout prochains jours des mesures d'aides publiques spécifiquement destinées aux « gros rouleurs » professionnels, particulièrement affectés par la hausse vertigineuse des prix des carburants. Cette annonce a été confirmée ce jeudi par le ministre de l'Économie, Roland Lescure, lors de son intervention sur RTL.
Une réponse ciblée à une crise immédiate
Ces mesures, promises dès mardi par le Premier ministre Sébastien Lecornu, visent à compenser les effets de la flambée des prix à la pompe, une situation exacerbée par le conflit au Moyen-Orient. « Ce que je peux vous dire, c'est qu'on concerte, on calibre, on étudie, et que dans les tout prochains jours on sera en mesure d'annoncer des mesures nouvelles », a déclaré Roland Lescure, insistant sur une approche ciblée et réfléchie.
Le ministre a clairement identifié l'enjeu immédiat : « Le problème à court terme, c'est de pouvoir payer les factures. Donc ce sont des problèmes de trésorerie ». La première salve de mesures se concentrera donc sur le soutien à la trésorerie des entreprises vulnérables, notamment les transporteurs routiers et les pêcheurs, qui rencontrent des difficultés pour régler leurs factures de carburant.
Les modalités concrètes du soutien annoncé
Des précisions supplémentaires ont été apportées par Serge Papin, ministre des PME et du Pouvoir d'achat, sur Europe 1/CNews. Les aides pourraient également bénéficier aux agriculteurs. Le dispositif envisagé repose sur deux piliers :
- Des prêts bonifiés proposés par la Banque Publique d'Investissement (BPI), garantis par l'État, pour soulager la trésorerie des entreprises concernées.
- Un report des échéances fiscales et sociales accordé par les services de l'État, offrant un répit temporaire aux professionnels en difficulté.
Les options écartées par l'exécutif
Roland Lescure a toutefois réitéré l'exclusion de certaines mesures souvent évoquées. Le gouvernement estime que des rabais sur la TVA, des taxes variables ou un plafonnement des prix à la pompe seraient contre-productifs ou trop complexes à mettre en œuvre. « Il n'y a pas de formule magique » pour enrayer la hausse des prix en station-service, a-t-il souligné.
Serge Papin a appelé à la prudence : « Ce qu'il faut d'abord, c'est le discernement, c'est de savoir combien de temps ça va durer. Donc on ne va pas griller les cartouches ». Pour lui, la solution structurelle passe par une accélération de l'électrification des usages, une transition jugée essentielle pour réduire la dépendance aux carburants fossiles à moyen et long terme.
Dans l'attente des annonces officielles, les professionnels des secteurs du transport, de la pêche et de l'agriculture scrutent les prochaines déclarations gouvernementales, espérant un soulagement rapide face à cette pression financière croissante.



