Véronique Bonnet, tête de liste insoumise, se livre sans filtre avant les municipales 2026
Dans le cadre des prochaines élections municipales à La Rochelle, prévues les 15 et 22 mars 2026, le journal Sud Ouest a interrogé les sept candidats au travers d'une série de questions sans concession. Véronique Bonnet, 64 ans, professeure d'éducation physique et sportive à la retraite et candidate pour la liste La Rochelle Insoumise et populaire, a accepté de se prêter à l'exercice en toute transparence.
Une candidature marquée par la question de la parité
Initialement, les Insoumis avaient désigné Nino Salaün pour porter leur liste. Finalement, c'est Véronique Bonnet qui endosse le rôle de tête de liste, une décision motivée par un souci de parité. Interrogée sur ses compétences, elle répond avec franchise : « Nous avions fait le choix de la jeunesse, qui peut nous en tenir rigueur ! Finalement, c'est le besoin de parité qui l'a emporté et ça aussi c'est positif ! ».
La gauche rochelaise : un paysage fragmenté
À La Rochelle, cinq candidats sur sept se revendiquent de la gauche ou du centre-gauche, créant une certaine confusion parmi les électeurs. Pour Véronique Bonnet, la définition est claire : « Sont véritablement de gauche celles et ceux qui s'opposent à la politique libérale d'Emmanuel Macron… Donc qui reste-t-il ? À vous de deviner ! ». Elle évoque également les négociations infructueuses avec le Parti socialiste, le Parti communiste et les Écologistes, soulignant que « l'union fait la force, les trahisons la défont ! ».
Une ville plurielle et des engagements fermes
Face aux critiques qualifiant La Rochelle de vivier de « bobos-gauchos-écolos », la candidate défend la diversité de sa ville : « La Rochelle est plurielle et c'est ce qui fait sa richesse. Dans les quartiers populaires, on ne voit pas beaucoup de bobos mais faisons en sorte que toutes et tous les Rochelais(es) soient écologistes, comme nous le sommes ! ».
Véronique Bonnet a également été verbalisée de 135 euros pour avoir manifesté lors de la venue d'Emmanuel Macron, une expérience qu'elle qualifie de « ridicule », dénonçant une atteinte à la liberté d'expression.
Priorités sociales et rigueur programmatique
Ancienne professeure d'EPS, elle justifie son refus de construire une nouvelle salle de basket par des priorités sociales : « L'éducation physique et sportive et le sport populaire sont essentiels à l'émancipation mais ne peuvent se pratiquer si les besoins vitaux ne sont pas assurés. Donc, se nourrir, se loger, se soigner… avant l'Omnium ! ».
Elle annonce que ses élus signeront une charte d'engagement et pourront être révoqués en cas de non-respect strict du programme, affirmant que « c'est la base de l'engagement démocratique et la condition pour que l'action publique retrouve sa légitimité ! ».
Confidences personnelles et lectures inspirantes
En dehors de la politique, Véronique Bonnet révèle son amour pour la cuisine, hérité de ses origines méditerranéennes catalanes et juives/turques. Interrogée sur ses lectures, elle rejette avec humour « L'École de la vie » de Jean-Michel Blanquer, lui préférant « Le nouveau communalisme » d'Allan Popelard et « Nous vous parlons d'amour » de Jeanne Benameur, pour « un peu d'espoir dans ce monde de brutes ».
Quant à partir en vacances avec un autre candidat, sa réponse est sans appel : « Aucun(e) désolée ! ».
L'interview se poursuit avec Antoine Colin (Lutte ouvrière - Le Camp des travailleurs), à découvrir dans Sud Ouest mercredi 4 mars.



