Le casse-croûte républicain de Vicq illumine les élections municipales
À l'occasion du premier tour des élections municipales, le village de Vicq a brillamment perpétué sa tradition conviviale unique dans le Bergeracois. Administrés et personnalités politiques du secteur se sont rassemblés pour partager victuailles et moments chaleureux, démontrant que l'esprit communautaire peut transcender les clivages électoraux.
Une identité préservée malgré la fusion
Si la commune de Pressignac bénéficie souvent d'une plus grande visibilité depuis la fusion de 1960, le village de Vicq affirme avec force son identité distincte à chaque scrutin. L'histoire locale rappelle que face au mécontentement initial lié à l'union des deux communes, les autorités avaient concédé le maintien précieux d'un bureau de vote spécifique et d'un premier adjoint propre à Vicq.
Cette particularité institutionnelle a perduré jusqu'à Albert Roussel, figure emblématique profondément attachée à son village, qui a accompli trois mandats successifs avant de s'éteindre en 2022. Aujourd'hui encore, ce bureau historique continue d'accueillir 86 votants dévoués, préservant ainsi un lien tangible avec le passé tout en participant activement à la vie démocratique contemporaine.
Une tradition gastronomique et démocratique
Pour affirmer leur existence et leur singularité, les habitants de Vicq ont instauré une coutume remarquable : le casse-croûte républicain. Dimanche 15 mars, cette tradition a résonné bien au-delà des limites du canton, attirant l'attention sur cette pratique exceptionnelle de convivialité civique.
Avant de glisser leur bulletin dans l'urne, les administrés et les élus du secteur se sont retrouvés autour d'une table généreusement chargée de spécialités locales. Parmi les participants figuraient notamment Benoît Bourla, maire sortant de Pressignac-Vicq qui ne se représentait pas, accompagné de son épouse, le sénateur Serge Mérillou et son épouse, ainsi que le conseiller régional Christophe Cathus.
La règle d'or : pas de politique à table
La tradition exige que personne ne se présente les mains vides à ce rassemblement unique. Chacun apporte sa contribution sous forme de grattons maison, de vins locaux, de beignets artisanaux, de gâteaux aux noix, de café ou de thé. Rien ne manque pour transformer la matinée électorale en un véritable festin communautaire où l'on peut déjeuner sur place dans une atmosphère exceptionnellement chaleureuse.
Surtout, les convives respectent scrupuleusement une règle d'or fondamentale : « on ne parle pas de politique ». Dans cet espace temporairement apolitique, les clivages partisans s'estompent complètement le temps d'une rencontre significative. Qu'ils proviennent de bords opposés ou qu'ils soient de simples citoyens, tous les participants se rejoignent pour vivre un moment authentique de partage et de fraternité, avant de se retrouver, le soir venu, pour découvrir le verdict démocratique des urnes.
Le 15 mars, les électeurs du village ont finalement voté à 62,17 % pour la liste menée par Cédric Salem, démontrant que convivialité et démocratie peuvent parfaitement coexister dans le paysage électoral français.



