Marseille : la sortie de Martine Vassal sur Pétain secoue la campagne municipale
Vassal et Pétain : la polémique qui agite Marseille

Une déclaration qui fait polémique à Marseille

La campagne pour les élections municipales de 2026 à Marseille connaît un rebondissement majeur ce vendredi. Martine Vassal, la candidate divers droite soutenue par Les Républicains, Horizons et la majorité présidentielle, a provoqué un vif émoi lors d'un débat organisé par BFMTV. En énumérant ses valeurs, elle a cité dans l'ordre : « le mérite, le travail, la famille, la patrie », une formule historiquement associée au maréchal Philippe Pétain et au régime de Vichy.

Une sortie assumée qui divise

Face à ses concurrents – Benoît Payan (DVG), Sébastien Delogu (LFI) et Franck Allisio (RN) – la présidente du département et de la métropole d'Aix-Marseille a totalement assumé ses propos. Lorsque le maire sortant lui a fait remarquer l'impair, elle n'a pas battu en retraite. Cette intervention a immédiatement agité la course électorale marseillaise, à quelques mois du scrutin.

Le communicant politique Philippe Moreau Chevrolet qualifie cet épisode de « dérapage ». L'entourage de la candidate a tenté d'éteindre l'incendie auprès de l'AFP, dénonçant une « fausse polémique » et affirmant que « Martine Vassal est aux antipodes des valeurs pétainistes », tout en reconnaissant que l'ordre des mots a pu émouvoir.

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Une stratégie électorale risquée

Certains analystes voient dans cette sortie une manœuvre calculée. « Cela lui permet de dominer médiatiquement les retombées du débat. À ce titre-là, ça a fonctionné », estime Philippe Moreau Chevrolet. Cependant, il souligne également le caractère extrêmement maladroit de cette tentative d'exister face au Rassemblement National.

Pour le spécialiste, il s'agit d'une « gaffe monumentale, soit à dessein, soit par inculture politique ». Cette référence controversée participerait, selon lui, à la normalisation de l'extrême droite et montrerait que l'union des droites se fait sur le plan idéologique. Une stratégie qui, même préméditée, pourrait ne produire qu'un effet électoral limité, en retenant seulement quelques électeurs LR tentés par le RN.

Un contexte national tendu

Cette polémique survient dans une séquence médiatique particulière, marquée par la mort du militant nationaliste Quentin Deranque. L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin évoque un « moment Charlie Kirk » à la française, en référence à la montée de l'extrême droite aux États-Unis. Il met en garde contre une préparation de la prise de pouvoir par l'extrême droite en France.

Les sondages actuels pour les municipales marseillaises montrent un paysage politique dominé par Benoît Payan et Franck Allisio. Dans ce contexte, la sortie de Martine Vassal, entrée en politique en 2001 comme adjointe au maire Jean-Claude Gaudin, apparaît comme un coup de poker risqué. Elle révèle les tensions profondes au sein de la droite française et la difficulté de se positionner face à l'audience grandissante du RN.

Les électeurs marseillais devront trancher lors des scrutins des 15 et 22 mars 2026. D'ici là, cette polémique aura sans doute durablement marqué la campagne, illustrant les fractures idéologiques qui traversent le paysage politique local et national.

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